La Réunion : Un enfant de deux ans battu par son père : “Vous étiez en train de le tuer”

En novembre dernier, un homme de 27 ans se rendait coupable d’une rare violence à l’encontre du fils de sa compagne, âgé de tout juste deux ans. Inconnu de la justice, l’homme a écopé d’une lourde peine de prison ferme.

Les épaules basses et le regard dans le vide, Jean-Christopher Bissoundial se dissimule derrière son amnésie au moment d’évoquer les faits qui l’ont conduit à la barre. Présenté devant ces juges pour des faits qui remontent à novembre dernier, le jeune homme esquisse d’abord des excuses pour des faits d’une rare gravité. Une plainte déclenche la procédure le 3 novembre, alors qu’une femme vient d’expliquer à la brigade de Sainte-Suzanne que son compagnon s’est présenté au domicile de la tante chez qui elle avait trouvé refuge. Des violences conjugales pourrissent une relation dont la malheureuse tente de s’extraire, et l’ex menaçant est retrouvé en possession d’un couteau de cuisine. C’est pourtant chez lui que la jeune femme dort quelques jours plus tard au domicile du couple, au Port. Fortement zamalé, comme à son habitude, le mis en cause est installé devant la télé alors que sa compagne, qui a deux enfants d’une précédente union, dort dans la chambre. L’aîné des deux marmailles, un bambin de deux ans, se réveille et appelle. Imitant visiblement des gestes de son ti-père auxquels il a déjà assisté, il crache en direction de ce dernier. « J’ai pris ça pour un manque de respect », expliquera le prévenu en procédure. Le point d’un terrible déchainement de violences. Des claques, puis des coups de poing, sur un petit sans défense. « Je donnais des gifles alternativement avec la main gauche puis la main droite, avant de continuer avec des coups de poings. Quand j’ai vu sa lèvre saigner, j’ai arrêté », expliquera l’homme durant sa garde à vue. « En préparant ce dossier, je me suis imaginé la violence de cette scène », entame le vice-procureur Bruno Amouret, à l’heure des réquisitions. « Il faut concevoir cet adulte qui explique se trouver à genoux au-dessus d’un enfant, en le rouant de coups ». Réveillée par les hurlements, la mère découvre une scène effrayante. Tuméfié, son fils ne peut plus fermer la bouche. Impossible de le faire boire ou manger, ni de lui donner un médicament pour faire baisser sa fièvre. Sa mâchoire est comme figée par les coups reçus. Le bourreau ne cherche pourtant aucunement à réparer les dégâts causés. Excédé d’entendre les pleurs et effrayés des suites pénales qui pourraient être données à son encontre, il préfère partir se coucher. C’est donc le lendemain matin, voyant l’état du petit empirer, que la mère de famille se précipite dans un bus pour rejoindre les urgences avant de déposer une nouvelle plainte. Les enquêteurs, devant une situation de réel danger, ordonne l’hospitalisation du benjamin âgé de seulement un an. « Quand vous avez frappé, vous avez dû vous rendre compte qu’il bougeait de moins en moins », interroge la présidente du tribunal. Avec pour seule réponse le mutisme de l’homme à la barre, évidement conscient de l’extrême gravité de son geste. « Vous étiez en train de le tuer! ». 

Après délibération, le tribunal a condamné Jean-Christopher à quatre ans de prison, dont une année de sursis et mise à l’épreuve. L’homme est immédiatement reparti pour la geôle, et devra respecter à sa sortie de détention les obligations de soins, de trouver un emploi et de ne plus entrer en contact avec son ex-compagne et ses deus enfants. En ce qui concerne les indemnisations liées au préjudice subi, un renvoi sur intérêts civils a été demandé par la partie civile. « Le petit va beaucoup mieux aujourd’hui, mais des examens doivent encore être réalisés pour quantifier les éventuelles séquelles traumatiques liées aux faits », notait le conseil de la mère.   

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