Affaire Mohamed Abdelhadi: Les loups de la justice ne se mangent pas entre eux ?

Nous revenons sur l’histoire incroyable d’un meurtre commis en 2001, élucidé quinze ans plus tard en deux mois, avec à la clé, les aveux des trois auteurs du crime qui ont raconté à la police les circonstances du drame.

Mais l’affaire qui paraît simple se complique car, pendant quinze ans Mohamed Abdelhadi, la victime, avait disparu, et son corps demeurait introuvable.

La soeur de Mohammed sera sur le Plateau de Crimes & Faits-divers ce lundi 13 Janvier.

C’est en 2016, qu’une dénonciation anonyme permettra à la police d’obtenir les aveux des présumés meurtriers et de retrouver les restes du squelette de Mohamed.

Les loups ne se mangent pas entre eux ? c’est un peu ce qui se produit dans le contexte de l’affaire Abdelhadi

Entre temps, la famille Abdelhadi avait porté plainte en 2008 pour disparition inquiétante. Mais la Justice a perdu le dossier. Lorsque l’affaire a été élucidée 8 ans plus tard, les avocats des trois auteurs du crime ont plaidé la relaxe de leurs clients car, selon eux, la prescription de dix ans était dépassée lorsque l’affaire a été révélée grâce à un courrier anonyme.

Au delà des subtilités juridiques et judiciaires, il reste aussi le calvaire d’une famille qui considère que Mohamed a été assassiné une deuxième fois.

Les sœurs de ce jeune homme de 27 ans, tué en 2001, ont annoncé qu’elles allaient attaquer l’État et saisir la Cour européenne des droits de l’homme.

La famille de Mohamed Abdelhadi, tué en 2001, a dénoncé mercredi un « déni de justice ». Il avait fallu attendre quatorze ans pour élucider le meurtre de cet homme âgé de 27 ans, mais ce crime ne sera pas jugé. La Cour de cassation a confirmé mercredi la prescription d’un meurtre remontant à 2001 en raison notamment de la perte d’une plainte par la justice.

La plus haute juridiction française a ainsi confirmé un arrêt de mars 2018 de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon et rejeté le pourvoi formé notamment par la famille de Mohamed Abdelhadi, qui a aussitôt dénoncé un nouveau « déni de justice ».

La plainte qu’ils ont déposée a été perdue par la justice, qui estime maintenant que le crime est prescrit. Le suspect principal a été libéré de prison.

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La plainte égarée

Mais l’avocat de ce dernier avait saisi la justice, estimant que le délai de prescription, qui était alors de 10 ans à compter du crime, était dépassé en l’absence « d’acte interruptif » dans la procédure. D’où l’importance de la plainte déposée en 2008.

Mais cette procédure pour disparition inquiétante a été « égarée », rappelle la Cour de cassation dans son arrêt et les recherches pour la retrouver sont restées « vaines ».

La chambre de l’instruction de Lyon avait jugé en 2018 qu’« il ne résulte pas la preuve ni un commencement de preuve d’un acte d’enquête ou de poursuite ayant pu interrompre la prescription de l’action publique ». Le meurtre était ainsi prescrit depuis le 1er janvier 2012.

« Une action en responsabilité contre l’Etat sera très certainement engagée du fait de la perte de la plainte » a déclaré l’avocat de la famille Patrice Spinosi. Un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) est également envisagé.

La justice refuse de reconnaître sa responsabilité

Il est évident dans cette affaire que les loups ne se mangent pas entre eux. En effet, la Cour d’Appel de Lyon a rejeté le recours de la procédure au motif que les faits étaient prescrits. Il était donc évident que faute de reconnaître leur responsabilité, la Cour de Cassation n’allait pas indiquer la contraire.

Plainte égarée, la justice a les yeux bandé, et cette inertie judiciaire a rendu la famille de Mohamed encore plus forte pour faire éclater la vérité.

Un Pays où les lois ne sont pas appliquées est un pays de non-droit.

Ce pays, notre France, et pourtant cette famille n’a plus confiance… Leurs recours et leurs plaintes devant la Cour des droits de l’homme permettra-t-il de condamner l’état pour déni de justice et faute lourde de cet état de non-droit ?

Pour l’heure, il est clairement établi que la Justice, refuse d’admettre leur part de responsabilité dans cette affaire. A ce titre, la ” Poubellisation” de leur plainte s’avère être un mystère des plus entier…

© Radio Capitole

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