Disparition : L’échange en réunion entre les familles de disparus unis dans la douleur

Des familles seront présentes ce 17 Janvier à Lyon à l’initiative de l’Association de Recherche de Personnes Disparues (ARPD). Une rencontre pour échanger et faire le point sur leurs dossiers. Elles s’interrogent sur la prise en compte de leur statut de victimes en tant que proches de disparus.

L’association ARPD (Assistance de recherche de disparus) antenne Rhône-Alpes organise ce 18 Janvier une réunion de libre échange entre les familles victimes de disparus.

Depuis un an, de nouveaux membres ont rejoint l’ARPD, fondée en 2003. Cette association nationale intervient auprès des familles touchées par la disparition d’un proche, majeur ou mineur. Des bénévoles sont présents pour appuyer et coordonner les démarches des familles. Ils représentent aussi un soutien psychologique pour ces familles qui se sentent souvent isolées et abandonnées. L’ARPD n’entend cependant pas se substituer au travail des enquêteurs officiels. En avril dernier, l’ARPD a formulé 33 propositions pour aider à la recherche des personnes disparues. 

Cela fait pour certain, des mois, voir pour d’autres des années, que ces familles recherchent un de leur proches. Les disparus de l’Isère, mais aussi ceux qui ont disparus dans des situations totalement mystérieuses se réunissent pour tenter de trouver des solutions aux nombreuses irrégularités de leurs dossiers.

Tous ont perdu un proche, et pour tous, ils n’obtiennent pas gain de cause dans leurs demandes. Que ce soit dans le cadre des constitutions de parties civiles, ou encore la continuité d’une enquête pour disparition inquiétante, ces famille qui sont des victimes sont pour la plupart laissé à l’abandon. La justice allant parfois à l’encontre de l’interêt de ses familles.

Ils tiennent grâce à leurs soutiens mutuels, unis dans la même douleur mais aussi parce que bon nombre de familles présentes ou non à cette réunion d’échanges vivent le même calvaire.

De l’affaire Mohamed Abdelhadi, à l’affaire des disparus du Fort-Tamie , Adrien Fiorello, ou encore Nourredine Adda, Eric Foray ou Malik Boutvillain, aucune avancée signifiante dans leurs dossiers.

Ce 18 janvier, cette réunion permettra donc de faire le point sur la situation de nombreux disparus dans la France entière.

Communiqué Presse ARPD

La réunion se tiendra à la maison des associations à Lyon 3ème à 14 H.

Soutenus par des parlementaires et par cette association ARPD, les familles veulent des réponses, des suivis réguliers, et voir plus, beaucoup plus.

Un fichier unique qui permettrait de recenser les disparus en France. Ce fichier pourrait être consulté par les services de Police, la Gendarmerie ou autre organisme facilitant l’aide et la recherche des disparus.

Ce véritable combat judiciaire menés parfois depuis des années, sans avoir de réponse est insoutenable. Cette réunion permettra aux familles de se sentir épaulée, écoutée et une bonne fois pour toute devra permettre de les considérer comme des victimes de cette situation dramatique qui est la perte d’un proche.

Dans une interview accordée à nos confrères de Confidentielles, Bernard Valézy, le co-président de l’assistance de recherches des personnes disparus (ARPD) indiquait :

Peu de personnes connaissent l’ARPD (Assistance et Recherche de Personnes Disparues) alors que l’association joue un rôle vital. 60 000 à 70 000 personnes disparaissent chaque année sur le territoire français. Ces chiffres sont très importantsinquiétants. Racontez-nous l’histoire, les missions, l’organisation, l’actualité de l’association..

« Assistance et Recherche de Personnes Disparues » est une association loi 1901 qui a été créée à Paris en 2003. Elle s’est ensuite développée en province. Depuis 2016, l’association s’est dotée de statuts nationaux. Avec plus de 100 enquêteurs bénévoles, elle est aujourd’hui l’association d’assistance aux familles de disparus la plus importante en France et est représentée sur tout le territoire national, y compris outre-mer (Réunion). Elle est présidée par madame Pascale Bathany et j’en suis le Vice-Président.

Le problème des disparitions de personnes est actuellement sous-estimé, à la fois par les pouvoirs publics, par les élus, et par la population.

Chaque année plus de 70.000 personnes disparaissent soit 190 chaque jour et 8 toutes les heures !

Même si une grande majorité de ces disparitions concerne des disparitions volontaires, il n’en reste pas moins que plus de 70.000 familles sont confrontées chaque année à l’angoisse de la disparition d’un proche.

50.000 disparitions concernent des mineurs (dont 48.000 fugues). Toutes les disparitions de mineurs sont considérées comme « inquiétantes » et doivent faire l’objet d’un signalement aux pouvoirs publics.1/3 de ces fugues durent moins de 48h, 1/3 sont résolues dans le mois et 1/3 durent plusieurs mois.

Les autres 2.000 disparitions de mineurs sont considérées comme « très inquiétantes (50 % concerne des enlèvements, notamment des enlèvements parentaux), les autres 50 % pouvant être des affaires criminelles (enlèvement et séquestration, prostitution forcée, meurtre).

Il est à noter que les disparitions de mineurs sont en progression constante depuis 2000 (+ 40 % en 20 ans)

En matière de disparitions de majeurs, sur les 18.000 disparitions inquiétantes constatées annuellement, 60 % concernent des « malades » – personnes psychologiquement instables ou atteintes de maladies neurodégénératives de type Alzheimer, personnes suicidaires. Les autres disparitions (40%) concernent des disparitions volontaires ou accidentelles ou des affaires criminelles (enlèvement, séquestration, homicide, dissimulation de cadavre)

À ces disparitions inquiétantes s’ajoutent environ 5.000 disparitions estimées non inquiétantes par les pouvoirs publics. (le caractère volontaire étant soupçonné dès le début de la disparition). Jusqu’en 2013 celles-ci étaient toutefois traitées par les services de police et de gendarmerie grâce au dispositif de « recherche dans l’intérêt des familles » (les RIF) permettant de réaliser une enquête sommaire mais surtout d’inscrire la personne disparue au « fichier des personnes recherchées » et ainsi de la retrouver lors d’un contrôle de voie publique.

Aujourd’hui, si la disparition n’est pas jugée inquiétante par les services d’enquête, aucune aide n’est apportée aux proches qui sont alors renvoyés sur les associations ou les réseaux sociaux.

Enfin, parmi toutes ces disparitions on estime annuellement à 1.000 celles d’entre elles qui ne seront jamais résolues. Ce sont donc plus de 1.000 personnes qui disparaissent définitivement en France chaque année, soit une ville moyenne de 20.000 habitants rayée de la carte tous les 20 ans !

Cette situation n’est pas acceptable. De nombreux parents de personnes disparues saisissent notre association afin d’obtenir un soutien dans leurs démarches, une aide lorsque les services de police ou de gendarmerie considèrent la disparition comme non inquiétante (un recours est alors possible auprès du Procureur de la République) et demandent des actions concrètes afin d’améliorer la réponse des pouvoirs publics à leur situation de détresse.

Pour répondre à leur attente, l’association fait 33 propositions qu’elle soutient auprès des divers ministères concernés (Intérieur, justice, santé, etc.)

Parmi celles-ci :

  • la création d’un organisme interministériel chargé des disparitions de personnes,
  • une refonte procédurale pour les enquêtes de recherche de disparus (excluant le distinguo subjectif entre les disparitions inquiétantes et non inquiétantes),
  • la création d’un fichier des disparitions et des enterrés sous X,
  • la reconnaissance du statut de victime pour les proches d’une personne disparue et du statut d’association d’aide aux victimes pour les associations telles que l’ARPD
  • la systématisation de la géolocalisation pour les malades de type Alzheimer (lors nombre est en constante augmentation et les moyens de recherche engagés sont très conséquents)
  • l’identification des enterrés sous X par l’ADN et le profil odontologique (avec mise en place d’un avis de recherche odontologique impliquant l’ordre national des chirurgiens dentistes – ils sont d’accord)
  • la reconnaissance d’un statut du disparu volontaire permettant à des personnes voulant rompre avec leurs proches de le signaler tout en conservant la confidentialité de leur lieu de repli,
  • la création de correspondants disparition départementaux dans les services de police et de gendarmerie,
  • l’organisation d’assises de la recherche des personnes disparues afin de réunir toutes les parties concernées (Ministères, associations, etc.) et de faire des propositions concrètes pour faire évoluer la situation actuelle des recherches.

Enfin, dans sa phase de développement, l’ARPD est à la recherche de bénévoles afin de densifier son réseau de correspondants départementaux. A ce jour, parmi la centaine de bénévoles membres de l’ARPD, 1/3 sont des policiers, gendarmes, détectives, magistrats en activité ou retraités, 1/3 des proches de personnes disparues, 1/3 des membres de la société civile souhaitant s’impliquer dans le soutien aux familles de personnes disparues.

Chaque nouveau membre bénéficie d’une formation lors de son arrivée dans l’association.

L’objectif de l’ARPD est de disposer d’au moins un correspondant dans chaque département, les correspondants relevant d’une délégation régionale (toutes les régions sont actuellement couvertes)

Laisser un commentaire