Violences conjugales filmé en pleine rue : 1 an de prison ferme

Un an de prison ferme quand le procureur de la République en avait requis trois. Abraham Arenas, 35 ans, a été condamné ce jeudi à un an de prison ferme pour des violences sur sa compagne, la mère de leurs quatre enfants en commun. Cet homme à la carrure massive mais handicapé par une forme grave de de psoriasis était jugé dans le cadre d’une comparution immédiate par le tribunal correctionnel d’Angoulême.

Le tribunal n’a pas retenu dans son  jugement les violences les plus graves, datant d’août 2017, qui avaient valu à la victime une hospitalisation en urgence pour de multiples fractures au visage, considérant que les éléments de preuve étaient insuffisants. En revanche Abraham Arenas a été reconnu coupable des coups portés le 7 décembre dernier quand, en pleine ville à Angoulême, il avait tiré sa compagne par les cheveux avant de la frapper puis, dans un second temps de l’enfermer dans le coffre de sa voiture. Une scène filmée par des témoins. « Le dossier fait apparaître également des violences régulières », a appuyé Cyril Bousseron, le président du tribunal.

« Pour les violences en août, je n’y suis plus rien. J’avais une relation avec une autre femme, elles ses ont battues. Pour l’autre oui c’est peut-être possible, sous l’effet de l’énervement. Cette fois, l’autre femme nous avait suivi, ma compagne était très énervée, je ne savais pas comment gérer l’affaire. Et puis ça ne devait pas être si grave parce qu’ensuite ça s’était arrangé », a témoigné le prévenu à la barre.

La victime, absente à l’audience, avait deux fois ces derniers mois, choisi refuge auprès du dispositif pour les femmes victimes de violences conjugales. Elle avait décrit des « années de violences conjugales », estimant servir de « punching-ball », et « avoir vu la mort souvent ». Un médecin avait estimé son préjudice physique et psychologique à 45 jours d’incapacité totale de travail (ITT), relevant notamment son « épuisement » et sa « détresse psychlogique ».

Jean-David Cavaillé, le procureur, a requis trois ans de prison ferme, soulignant la « violence extrême » de ce dossier » : « En trois ans à la tête du parquet, je n’ai jamais vu des blessures aussi graves ». L’avocate d’Abraham Arenas, Me Malika Mesri, a toutefois avancé des « zones d’ombres », évoquant « une relation conjugale toxique, des tromperies, et au centre de tout ça, l’enjeu majeur: la garde des enfants ». Regrettant que des investigations plus poussées n’ont pas été menées, elle a plaidé une décision « la plus clémente possible » :  » C’est un dossier qu’il faut prendre avec recul et clairvoyance et remettre dans son contexte. »

Avant que le tribunal ne parte délibérer, Abraham Arenas a avait indiqué : « Cette relation doit s’arrêter, je m’éloignerai mais je ferai mon possible pour voir mes enfants. »

Source Charente Libre

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