Aubervilliers : il terrorise son ex et monte une expédition punitive

Un homme aidé de deux complices avait fomenté une expédition punitive contre son ex-compagne. Ils ont été interpellés à temps.

Ramzy A., 33 ans, avait imaginé une véritable expédition punitive contre son ex-femme. Cet homme jaloux et coutumier des violences conjugales devait être jugé en comparution immédiate avec deux complices, ce mardi au tribunal de Bobigny. L’affaire, qui se tenait sur fond de grève des avocats, a été renvoyée.

Les faits, brièvement évoqués par le président, font froid dans le dos. Avec ses comparses, l’ex-conjoint a été interpellé avant de mettre son sinistre projet à exécution. Les trois hommes ont été arrêtés vendredi à Aubervilliers et à Saint-Denis. Le mari et un de ses acolytes s’apprêtaient à mettre le cap sur Lyon (Rhône), où s’est réfugiée la jeune femme.

Des pics de 900 appels téléphoniques sur 4 jours

Les policiers avaient eu vent de l’inquiétant projet par un heureux hasard. Placé sur écoute pour un trafic de stupéfiants, le trentenaire avait éventé son plan : il avait recruté deux hommes et s’était équipé d’un pistolet 8 mm pour aller rendre visite à sa femme.

Même si elle avait fui loin d’Aubervilliers, elle vivait toujours dans la peur. Son ancien compagnon la harcelait au téléphone. Au total, 2 126 appels ont été recensés depuis début janvier, « avec des pics de 900 appels sur 4 jours », précise le président, effaré.

L’ex-compagnon a proféré des menaces de mort explicites : « Je vais te mettre un coup dans le cœur, te balafrer toi et ton Tunisien ». Comme si le procédé n’était pas suffisamment terrifiant, il avait envoyé à son ex une vidéo, le mettant en scène.

Plusieurs condamnations pour violences conjugales

Masqué et armé, il tirait deux coups de feu en l’air et prononçait cette phrase terrible : « Si tu ne veux pas rentrer à la maison, tu rentreras dans un cercueil. » Voulait-il réellement la supprimer ou lui faire peur ? Me Mani Ayadi – seul avocat à l’audience – intervenait pour l’un des complices. Il croit à l’intimidation : « Mon client n’a fait qu’acheter des balles à blanc. Il n’était pas dans la voiture qui partait pour Lyon ».

Le commanditaire ne s’exprimera pas sur ses motivations. Les faits seront examinés le 25 février. En attendant, il reste en détention.

Mais un profil inquiétant se dessine : de multiples condamnations pour violences conjugales sur d’autres femmes figurent à son casier. Il avait asséné des coups de pied et de poing à sa compagne avant qu’elle ne le quitte.

Absente au procès, la victime s’était vue attribuer 16 jours d’ITT (incapacité temporaire totale) consécutives aux seules menaces de mort proférées par son ancien conjoint.