Affaire Grégory: un nouvel appel à témoins

Il y a plus de 30 ans, la France découvrait, médusée, l’assassinat du petit Grégory Villemin, 4 ans, dans un village de l’est du pays.

L’un des avocats des parents du «petit Grégory», un garçonnet dont l’assassinat en 1984 dans l’est de la France n’a toujours pas été élucidé, lance «un appel à témoins» pour que «les gens qui savent parlent», a-t-il indiqué mercredi à l’AFP.

«Je suis convaincu que des gens savent dans la région de Lépanges-sur-Vologne», village des Vosges (est) où vivaient Grégory et ses parents, a déclaré Me Thierry Moser. «Nous espérons qu’il y aura des gens dont la conscience va se réveiller et qui vont effectivement donner des informations à la justice», a-t-il ajouté.

«Nous faisons appel à leur sens moral, à leur civisme, c’est quand même un gamin de 4 ans» qui a été assassiné, a insisté l’avocat de Christine et Jean-Marie Villemin, les parents de Grégory.

Ce fait divers sur fond de haines familiales, qui avait bouleversé le pays, demeure l’un des dossiers les plus énigmatiques de l’histoire criminelle en France.

Inculpations annulées

L’affaire a été relancée en juin 2017 quand le grand-oncle et la grand-tante de l’enfant – les époux Jacob qui n’avaient jamais été inquiétés auparavant – et un témoin clé, Murielle Bolle, ont été inculpés.

Ces inculpations ont depuis été annulées pour des raisons de procédure. Selon Me Moser, cet appel à témoins n’est pas celui de la «dernière chance» : «c’est faux et archi faux (…) je peux vous dire que nous avons dès à présent, et je pèse mes mots, des éléments très sérieux et très intéressants dans ce dossier» qui «peuvent s’avérer fructueux» et «me donnent bon espoir», a-t-il souligné.

Le dossier a été paralysé «pendant pratiquement 18 mois» par «la bataille procédurale initiée par Murielle Bolle, a estimé Me Moser. Il s’est félicité de la décision rendue jeudi par la cour d’appel de Paris, qui a annulé la garde à vue en 1984 de Mme Bolle mais a maintenu ses déclarations devant les gendarmes et le juge dans lesquelles elle accusait son beau-frère Bernard Laroche d’avoir enlevé le garçonnet.

Dans la mesure où il n’y a pas de pourvoi en cassation contre cet arrêt, »les investigations vont reprendre, ce dont je me réjouis très, très fortement. Il y aura de nouveau des auditions, des confrontations, des expertises”, a prédit Me Moser.