Il fallait le « considérer comme coupable » de la disparition d’Estelle Mouzin.

Face à la juge Sabine Khéris, Michel Fourniret a assuré que sa mémoire « fichait le camp » mais qu’il fallait le « considérer comme coupable » de la disparition d’Estelle Mouzin.

  • Âgée de 9 ans, Estelle Mouzin a disparu le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne).
  • D’abord mis hors de cause en 2007, Michel Fourniret a finalement été mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivis de la mort » de la fillette, le 27 novembre, par la juge Sabine Khéris.
  • Lors de son audition, à laquelle « 20 Minutes » a eu accès, le tueur en série a indiqué qu’il perdait la mémoire mais qu’il fallait le traiter « comme coupable ».

« Il est possible que oui et il est possible que non. » Du Fourniret dans le texte… Selon nos informations, le tueur en série Michel Fourniret a « exhorté » la juge Sabine Khéris, lors de son audition ayant conduit à sa mise en examen, le 27 novembre dernier, à le « traiter comme coupable » de la disparition d’Estelle Mouzin, tout en précisant que sa mémoire lui faisait aujourd’hui « défaut ».

« A l’âge que j’ai, je n’ai rien à craindre ni à perdre. Si cette petite avait croisé mon chemin, je vous le dirais (…) mais je n’en ai pas souvenance, a-t-il lâché d’après ce procès-verbal de dix pages que 20 Minutes a pu consulter. Dans l’impossibilité où je suis de vous dire si je suis responsable de sa disparition (…), je vous exhorte à me considérer comme coupable, à me traiter comme coupable. »

« Ce n’est pas drôle de vieillir… », assure Fourniret

Âgé de 77 ans, Michel Fourniret est aujourd’hui touché par un « processus cérébral de nature dégénérative », selon une récente expertise psychologique. « Ce n’est pas drôle de vieillir. Les neurones, ils foutent le camp ! », précise-t-il à ce propos à la juge Khéris, chargée d’instruire à Paris l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin.

Mais difficile de savoir si « l’ogre des Ardennes » est vraiment affaibli ou s’il joue avec les nerfs des enquêteurs, comme il a toujours aimé le faire. « Depuis presque 17 ans, les murs de sa cellule de 9m² constituent son seul horizon, décrypte une source proche du dossier. Il faut comprendre que ces rendez-vous chez la juge sont autant de promenades pour lui. Et qu’il va tenter de les faire durer aussi longtemps que possible… »

« Cul serré », le surnom de la maîtresse d’école

Adepte, en prison, des parties d’échecs seul face au plateau, Michel Fourniret semble, cette fois, avoir trouvé une adversaire à sa mesure en la personne de Sabine Khéris. Remarquant que le suspect ne se rappelle plus l’endroit où il habitait à l’époque mais qu’il se souvient parfaitement de « Cul serré », le surnom qu’il donnait à l’institutrice de son fils, la juge n’hésite pas à lui demander s’il ne fait pas, volontairement, « le tri dans [ses] souvenirs ».

La réponse fuse : « Absolument pas. Ça crache comme ça vient ! Je joue franc jeu avec vous. C’est peut-être dommage car vous êtes une bonne joueuse. (…) Avec vous, les malotrus n’ont qu’à bien se tenir. » Relancé encore et encore sur la disparition d’Estelle Mouzin, il martèle : « Je nage, je n’y crois pas… Ça ne veut pas dire que je ne suis pas coupable mais ça ne fait pas “tilt” et il me semble que ça devrait faire “tilt”. »

Les perches tendues par la magistrate sont, en tout cas, nombreuses. Elle lui parle d’abord du pot de retraite de Georges Catoire, son ancien patron, organisé début 2003. Puis de la naissance de sa petite-fille, Léa, en novembre 2002. Autant d’occasions pour Fourniret de revenir en région parisienne, au moment de la disparition d’Estelle Mouzin, alors qu’il vivait à l’époque en Belgique. Mais non… « Rien ne fait “tilt” ni dans un sens ni dans un autre », continue le tueur en série.

Monique Olivier doit être réentendue ce vendredi

Et si la vérité venait finalement de Monique Olivier, son ex-femme, avec qui la rupture semble définitivement consommée, vu la façon dont Michel Fourniret en parle désormais ?  L’an dernier, c’est elle qui avait fini par mettre à bas l’alibi dont disposait le tueur depuis 17 ans. Surtout, en 2004, c’est elle qui avait fini par balancer les premiers crimes de son mari au bout d’un an et de 141 interrogatoires.

Selon nos informations, Monique Olivier doit justement être réentendue ce vendredi par la juge Khéris. Le but ? Fournir des éléments permettant à Michel Fourniret de retrouver sa mémoire « qui fiche le camp ». Car, comme il le dit lui-même dans son style ampoulé, fait de doubles-négations : « Je ne suis pas complètement sûr de n’y être pour rien… Dans le doute, je m’affirme comme responsable. »

Monique Olivier sera de nouveau entendue vendredi, deux mois après avoir fait tombé l’alibi de son ancien mari Michel Fourniret, le jour de la disparition de la fillette, en 2003.

Nouvelle étape dans l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin, il y a 17 ans. Monique Olivier, l’ancienne compagne du tueur en série Michel Fourinet, sera de nouveau entendue par la juge d’instruction ce vendredi, selon des informations du Parisien.

Lors de sa dernière audition avec la magistrate Sabine Khéris en novembre, Monique Olivier était revenue en détail sur la journée du 9 janvier 2003, jour de la disparition de la petite fille alors âgée de neuf ans, à Guermantes en Seine-et-Marne.

L’alibi de Fourniret remis en cause

Elle avait remis en cause l’alibi de son ancien époux, en assurant que ce jour là, Michel Fourniret était absent de leur domicile de Saart-Custine, en Belgique, mais lui avait demandé de passer un appel le soir à son fils, Jean-Christophe. L’avocat de Monique Olivier avait alors déclaré que sa cliente n’était plus sous l’emprise de Michel Fourniret et que le climat de confiance instaurée entre elle et la juge d’instruction avait permis ce revirement.

Dans cette affaire, Monique Olivier a été placée sous le statut de témoin assisté. Elle n’est donc pas considérée comme la complice de celui qui était à l’époque son mari, qui a lui été mis en examen pour “enlèvement et séquestration suivis de mort” dans cette affaire, sans pour autant passer aux aveux.