Ouverture du procès du plus grand réseau de pédopornographie : 5 accusés et des milliers de victimes devant la justice Belge

Le procès du plus grand réseau de pédopornographie s’ouvre aujourd’hui à Termonde. Il s’agit du plus important dossier de ce type jugé en Belgique. Trois individus sont dans le box des accusés : 3 Belges, 1 Néerlandais et 1 Britannique. Ils ont fait des milliers de victimes, dont 38 sont identifiées, parmi lesquelles les propres enfants de ces 5 hommes.

Les enquêteurs ont découvert chez eux une collection de 9 millions d’images et vidéos mettant en scène des abus d’enfants. Les 5 individus faisaient partie d’un réseau de partage d’images.

De tels réseaux continuent d’exister, y compris donc en Belgique. ces réseaux sont parfaitement structurés et très organisés. 

Les réseaux de pédopornographie en Belgique

Ces réseaux pédopornographiques existent bel et bien en Belgique. Leur structure est toujours internationale et complexe. Le but de ces réseaux n’est pas de faire de l’argent : tout est basé sur l’échange. Dans 95% des cas, il s’agit de proches qui diffusent des images à caractère sexuels des enfants. Ces enfants deviennent une clef d’accès aux plateformes de partage, mais aussi une monnaie d’échange tant dans le monde virtuel que réel.

Selon les chiffres de la police fédérale, en 2018, en Belgique, 1.249 PV ont été rédigés pour des faits de pédopornographies (détention, distribution, production). Par ailleurs, toujours en 2018, 1.132 PV ont été dressés pour viols sur mineurs de moins de 16 ans, 1.675 PV pour attentat à la pudeur sur mineur de moins de 16 ans et 52 PV pour exploitation de la débauche d’un mineur.

Il est impossible de savoir combien de réseaux existent : ils sont mouvants et interconnectés. Selon les policiers qui travaillent dans le domaine, depuis 10 ans, le nombres d’images produites et partagées n’a cessé d’augmenter. “Ils ont été créés pour facilité l’échange des images et, dans le groupe, d’échanger les enfants entre eux“, selon Yves Goethals, chef de la cellule pédopornographie à la police fédérale. Selon lui, il n’y a pas de réseaux qui enlèvent des enfants inconnus pour les séquestrer ou les revendre.

Comment fonctionnent ces réseaux ? Pour pouvoir accéder à une plate-forme d’échange, les prédateurs doivent généralement fournir des images “inédites”. Le plus simple pour eux sera de photographier leur enfant ou un enfant proche (neveu, nièce, membre d’un mouvement de jeunesse, d’un club de sport,…).

La photo d’entrée pourra être suggestive ou clairement pédopornographique. Cette clef permet d’avoir accès à une série de photos. Dans certains cas, cela fonctionne par niveau. Le prédateur devra fournir de nouvelles images pédopornographiques pour avoir accès au niveau supérieur. Pour un amateur de pornographie infantile, sa collection est capitale : il garde précieusement tous les clichés et vidéos.

Ces réseaux sont donc basés avant tout sur l’échange : l’échange de photos/vidéos ou alors l’échange d’enfants. Par exemple, un homme apprécie un jeune garçon qui apparaît dans une vidéo. Il contactera le père de ce dernier pour pouvoir passer quelques heures avec son fils. En échange, il lui fournira d’autres photos, il le laissera filmer ou il lui proposera son fils ou sa fille.

Toutes ces organisations dépassent les frontières belges. Actuellement, les serveurs de la police fédérale belge contiennent 10 millions de fichiers différents (vidéo et photos). Un nouveau serveur de 500 To doit d’ailleurs être installé dans les prochains jours. Chaque année, les policiers analysent entre 15 et 20 To d’images.