Monique Olivier, l’ex femme de Michel Fourniret, affirme qu’il a tué Estelle Mouzin

Monique Olivier, ancienne compagne et complice de Michel Fourniret, a affirmé ce vendredi, à l’issue d’une nouvelle audition par la justice dans le cadre de l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin, que son ex-mari avait bien tué la fillette, disparue depuis 2003

Ce vendredi, Monique Olivier a laissé entendre que son ex-mari Michel Fourniret était à l’origine de la disparition d’Estelle Mouzin, a-t-on appris d’une source proche du dossier. Selon nos informations, elle a livré à la juge Sabine Khéris plusieurs éléments laissant entendre qu’il est bien responsable de la disparition de la fillette de 9 ans, en janvier 2003, en Seine-et-Marne.

« Monique Olivier a vécu pendant vingt ans avec Michel Fourniret. Quand elle dit qu’elle pense que Michel Fourniret est pour quelque chose dans une disparition, cela signifie que Michel Fourniret est pour quelque chose dans cette disparition », avance cette même source.

Contacté , Eric Mouzin, le père de la fillette, ne souhaite pas réagir. Selon des sources concordantes, Michel Fourniret devrait être entendu très prochainement par la juge Sabine Kheiri.

Elle avance trois raisons. La première: Estelle avait le profil type des victimes de Michel Fourniret, déjà condamné pour les meurtres de huit jeunes femmes et adolescentes. Par ailleurs, selon elle, Michel Fourniret aurait fait des repérages dans les jours ou semaines qui ont précédé la disparition d’Estelle Mouzin. Il faut voir si cet éventuel repérage “est quelque chose qui peut être confirmé dans le cadre de l’enquête”, notamment par le biais de “témoins”, a insisté l’avocat, maître Richard Delgenes. Mais aux yeux de Monique Olivier, “il n’est pas impossible voire fort probable” qu’il y en ait eu.

Enfin, Monique Olivier a réaffirmé avoir appelé son fils à la demande de son mari le jour de la disparition de la fillette.

Un appel téléphonique

L’« ogre des Ardennes », déjà condamné à la perpétuité pour les meurtres de huit jeunes femmes ou adolescentes, a toujours nié toute implication dans la disparition d’Estelle Mouzin, expliquant qu’il se trouvait ce jour-là à son domicile de Sart-Custinne, en Belgique. En guise d’alibi, le tueur en série invoquait un appel téléphonique passé à son fils le soir des faits pour son anniversaire. Ce dernier n’avait alors pas décroché, mais l’appel avait été attesté par des relevés téléphoniques.

Mais devant la juge, Monique Olivier a indiqué avoir passé elle-même cet appel à la demande de son ex-mari, qui ne se trouvait pas à son domicile de Sart-Custinne le jour de la disparition d’Estelle Mouzin. Entendu le 27 novembre par Sabine Khéris, qui a récupéré l’enquête initialement conduite à Meaux, Michel Fourniret a été mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivis de mort ».

Fourniret reste vague

Lors de cette audition, Michel Fourniret n’est toutefois pas passé formellement aux aveux, selon l’un des avocats du père de la fillette, Me Didier Seban. Le septuagénaire s’était montré vague : « A l’âge que j’ai, je n’ai rien à craindre ni à perdre. Si cette petite avait croisé mon chemin, je vous le dirais (…) mais je n’en ai pas souvenance », a-t-il déclaré.

« Dans l’impossibilité où je suis de vous dire si je suis responsable de sa disparition (…), je vous exhorte à me considérer comme coupable, à me traiter comme coupable », a-t-il toutefois ajouté. Selon le Parisien, cinq détenues de la prison de Rennes (Ille-et-Vilaine), auditionnées par les enquêteurs en décembre 2018, ont assuré avoir entendu Monique Olivier « incriminer son ex-mari dans la disparition d’Estelle ».