Val-d’Oise: un réseau national de proxénétisme démantelé

Huit hommes ont été mis en examen pour “proxénétisme aggravé”, soupçonnés d’appartenir à un réseau de prostitution qui sévissait dans toute la France et exploitait au moins 45 femmes dont certaines mineures, a-t-on appris lundi auprès du parquet de Pontoise et de la gendarmerie.

Ils ont également été mis en examen pour “traite d’être humain commise en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime”, a indiqué le parquet.

Parmi les huit suspects, cinq ont été placés en détention provisoire, deux sont sous contrôle judiciaire et un fait l’objet d’un mandat d’amener, selon cette même source.

Le réseau de prostitution aurait débuté ses activités en 2018 à Persan et Beaumont-sur-Oise dans le Val-d’Oise avant de s’étendre à l’ensemble de la région parisienne puis “dans des villes de province telles que Tours, Bordeaux et Strasbourg” où le réseau “exerce son activité sur de courtes durées pour ne pas attirer l’attention”, a indiqué la gendarmerie dans un communiqué.

Interpellés le 4 février, les suspects, âgés de 21 à 39 ans, sont déjà connus de la justice pour différentes infractions.

Après neuf mois d’enquête, le groupement de gendarmerie du Val-d’Oise et l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains ont permis de mettre au jour “une organisation très structurée” qui a évolué vers “le proxénétisme à grande échelle”.

Des “lieutenants” géraient la prostitution avec “la gestion des annonces sur des sites spécialisés dans le commerce du sexe” et les locations Airbnb ou dans des hôtels. D’autres hommes assuraient “la sécurité des passes”, précise la gendarmerie. 

Jusqu’à 25 femmes pouvaient être prostituées simultanément et avaient “6 à 10 clients par jour” pour “une prestation moyenne de 100 euros”, selon cette source.

L’enquête a permis d’établir un profil commun à l’ensemble des prostituées: “vulnérables psychologiquement, âgées de 17 à 22 ans, déscolarisées ou sans diplôme, en rupture familiale et sociale, et principalement issues de quartiers défavorisés de la région parisienne”. 

Leur proxénète pouvait les “revendre” à un autre pour 1.500 euros, selon la gendarmerie. Les jeunes filles se recrutaient entre elles sur des forums et, pour quitter le réseau, devaient obligatoirement trouver une remplaçante.

Les jeunes femmes prostituées ont été prises en charge par une association, a ajouté le parquet.