Landes : Ma fille est placée dans une famille d’Accueil, qui l’exploite, et l’humilie

Au-delà de ces dysfonctionnements liés à la défaillance de collectivités, à des responsabilités politiques pas toujours assumées, l’ASE souffre surtout d’un paradigme trop peu remis en cause.

Selon l’Observatoire national de l’enfance en danger (ONED), les assistants familiaux sont passés de 50.000 en 2012 à 38.300 en 2015. Dans le même temps, malgré une lente mais régulière diminution -moins 5% depuis 2013- la famille d’accueil reste le mode d’hébergement le plus fréquent : la moitié des enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance sont hébergés en familles d’accueil, soit 75.000 enfants. 

C’est un chiffre dont on aimerait se passer. Pourtant, il est malheureusement le reflet d’une triste réalité. Dans les Landes, 646 enfants sont placés hors de la garde de leurs parents dont 484 auprès d’assistants familiaux, appelés plus communément “familles d’accueil”. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter, tant sur le plan national que dans ce département. Dans les Landes, il a été multiplié par deux au cours des dix dernières années.

Famille d’accueil, c’est un travail un temps plein, de jour comme de nuit aux côtés d’enfants aux passés troubles. Pourtant, les familles d’accueil jouent un rôle primordial dans l’aide sociale à l’enfance. Être assistant familial ne consiste pas seulement à héberger des enfants, mais bien de les accompagner, de les aider à grandir, à se construire.

Leur rôle est de donner à chaque enfant accueilli des conditions de vie chaleureuses prenant en compte ses besoins physiques, affectifs, éducatifs, relationnels. L’assistant familial accueille chaque enfant en respectant son histoire personnelle le temps nécessaire pour qu’un retour dans sa famille soit possible.

Parfois, il est très difficile pour les enfants de ce construire dans une famille d’accueil. C’est d’ailleurs l’histoire d’Anaïs, une jeune adolescente de 13 ans, placée dans les Landes depuis bien trop longtemps…

© Radio Capitole – La jeune adolescente témoigne de son calvaire

Cela fait des mois, voir des années que ce couple que l’on a rencontrer ce 8 mars tentent de dénoncer la situation comme tant d’autres parents qui se battent en ce qui concerne les placements abusifs de leurs enfants.  Des mois, voir des années de douleur, et une incompréhension totale de la justice en France sur les décisions prises pour leurs enfants.

Cette adolescente a depuis maintenant plus d’un an été séparée de sa soeur qui est placée dans une autre famille d’accueil.

Elle souffre de l’absence de ses parents, et du rabaissement constant de la famille d’accueil qui s’occupe d’elle. Brimade, exploitation sur un champs agricole après l’école et parfois jusqu’à 22 H. La jeune fille raconte son calvaire et la mère explique son profond désarroi sur une justice inerte.

Les parents conservent généralement l’autorité parentale. L’assistant familial doit leur demander des autorisations pour ce qui concerne la vie de l’enfant (par exemple : consulter un médecin, subir une opération, sortir le soir, faire une sortie ou un voyage scolaire). Dans le cas d’Anaïs, il apparaît encore bien difficile de permettre à ces parents, d’être totalement tributaire de leur rôle parental.

Essoufflée et lassée de se battre contre vent et marrées, Vanessa, la maman d’Anaïs a accepté de ce confier auprès de notre rédaction afin de puiser la force de continuer à se battre pour enfin exercer son rôle de mère…

Le placement casse le lien parent/enfant

L’un des autres problèmes relevés par notre journaliste, c’est la destruction du lien entre le parent et l’enfant. 

“On enlève tout à l’enfant; les activités scolaires, le sport, les copains de classe, les grands-parents. C’est une violence sans nom et à 18 ans, on vous met dehors sans repère. 80% des sans domicile fixe sortent de l’aide sociale à l’enfance pour moi”.

Notre rédacteur sur place

Pour la mère de famille, c’en est trop.

«Toutes ces décisions de justice sont basées sur des rapports rédigés par l’aide sociale à l’enfance. Des rapports mensongers où on me décrit comme une mère toxique qui instrumentalise mes filles, et qui refuse la mesure, plus je parle, plus on me martèle», affirme-t-elle.

Cette maman a pourtant réussi a faire de sa maison, un lieu correct pour ses enfants. Ils étaient placé pour un défaut d’hygiène. Il a été réglé, et maintenant nous vivons dans un endroit sain pour nos enfants. Les aléas de la vie de cette mère de famille, l’ont peut être dépassée il y a quelques années, mais de là et après des années à ce que ces enfants continuent d’etre placés, relève de l’inconcevable. Pire encore, les deux autres enfants à l’époque lui avait été rendus par main levée de la procédure de placement.

Mais la justice a dit Non ! Pour le retour des deux autres fillettes à leur domicile, ce qui questionne la mère de famille.

Malgré une plainte déposée par la famille contre la famille d’accueil sur la mauvaise prise en charge de sa fille Anaïs, l’éducateur en charge de la mesure de placement n’en ferait selon les dires de la maman, qu’à sa tête. Parfois, il en devient menaçant. Un retour de bâton dira-t-il qui risque de mettre la situation de la jeune fille dans une posture inconfortable pour les mois à venir. Mais la mère ne veut rien lâché, et la justice non-plus. Seule possibilité, pour la jeune adolescente, que la plainte soit enfin suivi par le Procureur de la République. Un agrément de moins pour cette famille d’accueil qui ne cessent de s’appuyer sur des connaissances familiales importantes comme ils l’avancent régulièrement à la famille tels que des gendarmes qui ont les oreilles un peu partout, et suivant cette procédure de près.

A ce titre, il n’est pas rare de voir le pot de terre contre le pot de fer finir par agir au détriment de ce qu’on appelle la Protection de l’enfance. Un mot qui ne raisonne plus dans la tête de cette famille qui compte bien continuer à ce battre pour les droits de leurs enfants, mais aussi au nom de nombreux enfants placés abusivement par l’aide sociale à l’enfance…

© Radio Capitole