6 ans après les faits, un violeur trahi par son ADN après son interpellation dans une affaire de violences

Le criminel a été confondu par la comparaison de son empreinte génétique dans la base de données des forces de l’ordre. Interpellé pour des violences volontaires, il est désormais poursuivi pour un viol commis en 2014.

Alors qu’une enquête criminelle était au point mort, classée depuis deux ans faute de nouveaux éléments, un rebondissement est intervenu le 28 février dernier.

L’ADN prélevé sur un suspect, dans le cadre d’une enquête pour violences volontaires à Paris (VIIIème), a affiché une correspondance avec un ADN inconnu enregistré en 2014 à la suite d’un viol. Ce jeudi soir, le suspect âgé de 43 ans a été déféré au parquet de Créteil (Val-de-Marne).

Une victime traumatisée

Le viol avait eu lieu un soir du mois d’avril 2014 dans une cité de Vitry-sur-Seine. Une femme de 39 ans était sortie quelques minutes de son appartement où elle vivait avec son ex-compagnon. Elle avait alors croisé un inconnu dans la cage d’escalier et son calvaire avait commencé.

L’homme l’avait entraînée dans le local poubelles, et malgré la résistance et les cris de la trentenaire, celui-ci avait pris le dessus et commis son crime. Les appels de détresse de la victime avaient alerté son ex-compagnon qui était sorti à son tour. Voyant la femme entre les griffes du prédateur, il était intervenu à coups de pied et l’avait fait fuir.

Une enquête difficile

La victime, alcoolisée et sous le choc, avait communiqué une description du violeur et son ex-compagnon également. Malheureusement, ces informations avaient laissé les enquêteurs dans l’impasse. L’ADN du violeur, prélevé sur la trentenaire avait permis d’obtenir un profil génétique.

Mais lors de son enregistrement dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), il ne correspondait à personne de connu, ni à aucun autre fait recensé. La victime s’était vu délivrer 18 jours d’incapacité totale de travail (ITT). Traumatisée, elle s’était vue mourir ce soir-là, relate Le Parisien.

Une banale altercation permet un spectaculaire rebondissement

Durant six longues années, plus aucun élément n’avait fait avancer l’enquête. Une banale affaire de violences volontaires allait toutefois faire basculer la situation et relancer la procédure criminelle.

Le 12 décembre dernier, les policiers du commissariat du VIIIème arrondissement de Paris ont interpellé un homme, lors d’une altercation entre collègues sur leur lieu de travail. Comme la procédure judiciaire le prévoit, les fonctionnaires ont relevé son ADN et procédé à son audition. Son empreinte génétique reliée à son identité était dès lors enregistrée au FNAEG.

Contre toute attente, les policiers de Vitry-sur-Seine ont été informés que le profil de cet homme arrêté à Paris correspondait à celui de leur affaire de viol, vieille de six ans. Le dossier a été rouvert immédiatement.

L’étau se resserre

Les enquêteurs ont relevé que le suspect était domicilié allée du mail, non loin de l’endroit du viol. La photo de cet homme, présente sur ses documents administratifs, correspondait à la description du prédateur qui avait été fournie par la femme et son ex-compagnon.

L’homme était totalement inconnu des services de police jusqu’à cette altercation sur son lieu de travail. La victime du viol et son ex-compagnon ont été convoqués par les enquêteurs, qui leur ont montré des photos du suspect, mais six ans plus tard, ils n’étaient pas formels au moment de le reconnaître.

Interpellé et placé en garde à vue

Le suspect numéro 1 a été interpellé à son domicile de Vitry-sur-Seine, mercredi, puis placé en garde à vue. Lors de ses différentes auditions, il a confessé se souvenir qu’il avait eu une « altercation » avec une femme, ce soir du mois d’avril 2014, sans en dire plus.

L’homme aurait livré des détails fantaisistes sur cet événement ce soir-là. Les enquêteurs lui ont alors soumis la correspondance entre son ADN et celui du violeur, provoquant un changement de version de son récit. Cette fois, il confessait avoir eu une relation consentie avec la trentenaire.

Une affirmation qui ne colle absolument pas avec les éléments en possession des enquêteurs. Jeudi soir, le parquet devait requérir son placement en détention provisoire.