LE TAMPON : Elles sont victimes de la perversion de leur professeur

LE TAMPON. Quatre lycéennes du Tampon ont dénoncé le comportement pervers du professeur qui devait les soutenir et les aider. Franco Loricourt a été condamné à deux ans de prison avec sursis. Et le tribunal lui interdit d’enseigner.

Elles étaient un peu perdues dans leur choix, d’études, dans l’orientation qu’elles voulaient donner à leur scolarité. Elles étaient aussi en proie à des difficultés familiales ou scolaires. Alors elles se sont tournées vers Franco Loricourt, le professeur de référence du lycée Roland-Garros, au tampon. « Un des piliers de l’établissement » dira de lui la proviseur, lorsque les gendarmes l’interrogeront.

Mais lors de cette audience tardive qui lui était consacrée, jeudi soir, au palais de justice de Saint-Pierre, l’enseignant quinquagénaire, qui est aussi homme politique à Saint-Joseph est apparu plus Mr Hyde, que Dr Jekyll.

Son aide aux adolescentes, il leur faisait payer une contrepartie dévastatrice pour elle : il les caressait, leur tripotait les seins, les fesses, le sexe. Il en est deux qu’il a cherché à embrasser.

Franco Loricourt a nié la plupart des accusations portées par les lycéennes et lorsque le président Bergeron le plaçait devant ses contradictions ou les similitudes des propos tenus à ses victimes, le professeur s’embarquait dans des justifications oiseuses et dilatoires.

« Trouvez-vous normal de donner des cours particuliers, au domicile d’une élève en étant assise sur son lit ‘ », demande le président. « Non, mais la table n’avait que deux pieds, je la tenais sur mes genoux », répond le prévenu.

Contraint par les évidences de l’enquête, il a reconnu une partie des faits. Mais fuit la réalité de ses actes, fuit ses responsabilités. « J’aurais pu agir différemment. J’aurais pu procéder d’une autre façon ». Oui, le prof dit « j’aurais pu », jamais il ne dit « j’aurais dû ».

Tard, dans cette salle d’audience, les jeunes victimes ont tenu bon. Elles ont expliqué qu’elles n’avaient jamais été consentantes et qu’elles étaient tétanisées par le comportement de ce professeur, de ce tuteur, de cet éducateur en qui elle avait toute confiance. Et lui, à la barre, accuse une de ses victimes « de porter une tenue sexy » le jour où il est venu pour le cours.

Les dépositions, écrites pendant l’enquête, ou verbales, à la barre, des lycéennes ont démontré, la perversité de Franco Loricourt qui savait prendre l’ascendant psychologique sur elles, profitant de leurs doutes, de leurs faiblesses, de leur désarroi. Pour finir par les tripoter, n’était-ce pas son but premier, car ce n’était certainement pas des caresses, preuves de tendresse et d’affection, qu’il leur imposait.

À aucun moment, Franco Loricourt n’a exprimé le moindre regret, n’a présenté la moindre excuse à ses jeunes victimes, dignes parce que révoltées. Dernier à prendre la parole, il s’est apitoyé sur son sort. S’il a agi ainsi, c’est parce qu’il était fatigué « par un contrôle éprouvant par l’inspecteur ».

Franco Loricourt, que l’Education nationale avait déjà suspendu ne sera plus « fatigué » par les contrôles, ni tenté par les élèves.

Outre deux années de prison avec sursis et une inscription au fichier des délinquants sexuels, le tribunal lui fait interdiction d’exercer le métier d’enseignant.

Avec Clicanoo.re

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