Ile-de-France : 15 jeunes filles mineures étaient violées et prostituées par 3 proxénètes

Les policiers ont mis au jour et démantelé un véritable réseau criminel avec des ramifications en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise.

Quinze jeunes filles mineures ont été sorties des griffes de trois proxénètes qui les violaient et les exploitaient dans des appartements de Seine-Saint-Denis et du Val-d’Oise. Elles étaient contraintes de vendre leur corps dans des logements loués à cette fin, des hôtels miteux ou chez l’un des trois suspects, rapporte Le Parisien.

Les enquêteurs du service départemental de la police judiciaire (SDPJ) de Seine-Saint-Denis ont mené un coup de filet lundi et mardi à Saint-Denis, Aubervilliers et Garges-lès-Gonesse. Les trois suspects, âgés de 30 à 37 ans, ont été déférés ce vendredi au parquet de Bobigny.

Ils devront répondre de « proxénétisme aggravé sur mineures et en bande organisée, association de malfaiteurs, traite d’êtres humains et recours à de la prostitution de mineures par un réseau Internet ». Le parquet a requis leur placement en détention provisoire.

Des jeunes filles vulnérables

Malgré les faits sordides qu’elles ont enduré, « souvent elles ne parlent pas de viol, elles disent qu’elles étaient testées et restent sous l’emprise psychologique de leur bourreau » a confié au quotidien francilien Me Lorraine Questiaux, avocate pour le Mouvement du Nid.

Cette association « a pour but d’agir sur les causes et les conséquences de la prostitution en vue de sa disparition », selon ses termes. Elle intervient dans une quinzaine de dossiers traités actuellement au Tribunal de grande instance de Bobigny.

Les proxénètes ont eu d’autant plus de facilité pour manipuler ces jeunes filles, qu’elles ont un parcours similaires : quasiment toutes Françaises, elles ont coupé les ponts avec leur famille ou fugué d’un foyer d’aide sociale à l’enfance.

Il s’agit de filles vulnérables, dont les plus jeunes ont 16 ans à peine. Lors du procès, elles seront représentées par un administrateur d’ores et déjà désigné : SOS Victimes, a indiqué Me Anaïs Defosse, responsable de la commission victime au barreau de Bobigny.

Des petites annonces sur internet

Après avoir été recrutées sur un site de petites annonces, elles étaient violées par les mis en cause. Elles étaient ensuite contraintes à se livrer à des actes sexuels tarifés dans des logements d’Aubervilliers, de Saint-Denis ou de Sarcelles.

Les policiers du commissariat de Saint-Denis avaient repéré ce réseau criminel depuis plusieurs mois, et une première équipe avait été identifiée à la fin octobre. Le parquet avait ensuite confié l’enquête à la police judiciaire qui a fini par démanteler le réseau au complet.