Qui a fracturé la jambe du petit Léo, 14 mois? Le tribunal tranche sur la question

Deux couples, quatre suspects, aucune certitude : l’acquittement est requis par le parquet.

Le 30 juin 2014, le petit Léo, âgé de 14 mois, était amené aux urgences par sa maman, Wendy C.. En constatant son état, les médecins ont froncé les sourcils : une facture du tibia, une autre au fémur, et une troisième à la clavicule, sans doute plus ancienne.

Le parquet a immédiatement été alerté et une enquête ouverte pour maltraitance. Car selon le médecin légiste, ces blessures résultaient forcément de coups. Et dataient de quelques heures à peine.

Bref, la mère et son nouveau compagnon, Anthony V., faisaient les coupables parfaits, même si Wendy C. venait de récupérer Léo de la garde de son papa, Kévin B.. Bref, Wendy et Anthony ont été inculpés, et celui-ci a été incarcéré 5 jours. Le père et sa nouvelle compagne n’ont jamais été inquiétés.

Mais avec quatre ans de recul et quelques expertises, les choses paraissent moins claires. À l’époque, c’était la guerre entre Wendy et Kevin. Deux mois après la naissance de Léo, il l’avait quittée pour… sa cousine. « À partir de ce moment, ce fut plainte sur plainte des deux côtés, chacun accusant l’autre de maltraitances sur Léo. Ils ont même photographié le même hématome pour s’accuser mutuellement », a constaté la substitute Dutrifoy. « C’est bien simple, si l’on interroge un clan, Kevin est alcoolique et violent. De l’autre, Anthony est un monstre. »

Et puis, il y a cette incertitude sur la datation des fractures. Le légiste a estimé que celles-ci remontaient à quelques heures. Mais l’expertise radiologique les situe à 3 ou 4 semaines. « Le père et la mère ont échangé plusieurs fois l’enfant sans rien signaler. Pis, le 15 juin, il a été vacciné par un médecin de l’ONE qui rien remarqué. À cela, il faut ajouter que Wendy C. était demandeuse d’un suivi de l’ONE qui a vu l’enfant 16 fois entre janvier et juin. Là encore, elle était décrite comme une mère aimante. »

Le doute subsistant, c’est donc l’acquittement qui a été requis par le parquet. Pour Me Mayence, qui défend Wendy, cela ne fait aucun pli. « Il y a 4 suspects, mais les imprécisions sur la datation des fractures ne permettent pas d’en désigner un avec certitude. » Me Brocca, qui défendait Anthony, a ajouté que son client était « le pigeon parfait » pour endosser la responsabilité. Mais l’avocat n’écarte pas d’une chute, à l’instar de l’expert, et il estime que rien ne permet d’impliquer sans aucun doute possible le beau-père, que tous les enfants de Wendy appellent « papa »

Jugement le 23 mars.

Source DH.BE

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