Châteauroux : Une mère maltraitante à la barre du Tribunal pour avoir secoué son bébé

A la barre, la prévenue est en pleurs. Elle explique, avec des mots simples, comment elle est arrivée à commettre ce qui aurait pu être irréparable. Le 6 septembre 2015, dans un centre maternel de Châteauroux, « j’étais à bout », dit-elle. Le père de sa petite fille l’avait quittée et le fruit de cet amour interrompu « n’arrêtait pas de pleurer ». 


Elle a pris le bébé sous les bras et « vous l’avez secoué violemment, pendant de longues secondes », regrette le président Pascal Almy. L’enfant, qui avait cessé ses pleurs, était recouché sans aucune forme d’inquiétude. 


Le lendemain, un ostéopathe, qui avait rendez-vous avec la mère et le nourrisson, donnait l’alerte. L’enfant était admis aux urgences, puis héliporté vers l’hôpital Clocheville, à Tours. Hémorragie cérébrale, convulsions… « Son pronostic vital était engagé », indique le président. 


Pleurs, puis « j’ai pété les plombs, allait convenir la mère. Je l’ai secouée comme un prunier pour faire tomber les fruits. » Silence dans la salle. 
Une enfance extrêmement difficileLa parole était ensuite donnée à Me Christel Jousse pour la partie civile : « La petite fille, qui a aujourd’hui 3 ans, est une véritable miraculée. Difficile d’évaluer ses réelles séquelles, mais après une prise en charge massive, elle va mieux. » L’avocate souligne que la mère, « contrairement à ce qu’elle dit, était très entourée au moment des faits et aurait facilement pu demander de l’aide ».
Lionel Josserand, vice-procureur, s’est ensuite penché sur personnalité de la mère. « Une enfance extrêmement difficile » : un viol à l’âge de 12 ans, puis un parcours de famille d’accueil en famille d’accueil. « Elle peut avoir une personnalité violente, ainsi qu’un aspect manipulateur. Et aujourd’hui, bien difficile de dire quel est son degré de dangerosité ? » Une réponse a été partiellement apportée par le placement des trois enfants de cette mère fragile, dont une dernière petite fille est née, il y a quelques semaines.


Sur le banc de la défense, Me Pascaline Courthès a rappelé « le parcours chaotique » de sa cliente qui se traduit, aujourd’hui, « par de grandes angoisses. Les pleurs d’enfants représentent pour elle, d’énormes stress vis-à-vis desquels elle peut avoir des gestes totalement inappropriés. » Ce fut bien le cas, le 6 septembre 2015.


A l’issue de ces débats, cette jeune mère qui avait « secoué son bébé comme un prunier », a été condamnée à 4 ans de prison avec sursis, 3 ans de mise à l’épreuve et une obligation de soins.

Source la Nouvelle République 

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