LAUSANNE: La pédiatre a été aquitée suite au décés de l’enfant

Renvoyée pour homicide par négligence suite au décès de l’un de ses jeunes patients, une cheffe de clinique du CHUV a été totalement blanchie.

Des larmes de soulagement pour Fatima*, renvoyée pour homicide par négligence suite au décès de l’un de ses petits patients il y a quatre ans et demi. Des larmes de souffrance inextinguible et de déception pour le papa de Joao*, 9 ans, emporté par une myocardite quelques minutes après avoir quitté les urgences de l’Hôpital de l’Enfance de Lausanne (HEL).

Ce mercredi en fin d’après-midi, à l’issue de la lecture du verdict, la pédiatre confirmée s’est approchée du père de l’enfant pour lui serrer la main. Beaucoup d’émotion, de part et d’autre. Et trop de doutes pour le Tribunal d’arrondissement de Lausanne. Ses juges ont renoncé à condamner la prévenue de 39 ans, elle aussi traumatisée par ce drame au point de ne plus pouvoir travailler dans un service d’urgences pédiatrique.

Le parquet ne fera pas appel

Pour la Cour, la cheffe de clinique marocaine n’a «commis aucune faute et n’a manqué à aucun devoir élémentaire». Ce jugement ne suit ni le rapport des deux experts des HUG qui estiment que l’ensemble du tableau clinique aurait dû alerter la praticienne ni le ministère public qui tenait à une sanction même légère – 50 jours-amendes assortis du sursis. La procureure Laurence Boillat ne fera pas appel de cet acquittement. La famille du garçonnet portugais réserve encore sa décision.

Joao était arrivé à l’HEL un samedi de septembre 2013 en se plaignant de maux de ventre et de gorge ainsi que de céphalées. Contrairement à ce que prétend la partie plaignante, l’enfant n’a jamais désigné son thorax, et donc son cœur, à Fatima, ce que croit le tribunal. Parfois fulminante, la myocardite, inflammation du muscle cardiaque par un virus, est très difficile à détecter.

Pas d’anomalies

La Cour considère que la pédiatre a effectué tous les examens cliniques requis, y compris un bilan sanguin, et qu’aucune anomalie au niveau cardiaque et/ou pulmonaire ne pouvait être détectée compte tenu des symptômes et des mesures peu flagrantes constatées (fréquence cardiaque, tension artérielle, pâleur, extrémités froides). Lorsque Fatima a autorisé l’enfant à rentrer chez lui avec un diagnostic de gastro-entérite, il avait repris des couleurs et ses analyses étaient rassurantes.

Aurait-il dû rester en observation? Son état de préchoc aurait-il été décelé, évitant possiblement le pire? Là encore, le doute profite à la médecin.

*Prénom d’emprunt (Le Matin)

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