Société : 1 million de couples refusent de vivre ensemble selon une étude sondage

Ils sont ce qu’on appelle des couples non-cohabitants, ou des « living apart together » comme les désignent les Anglo-Saxons. Ils vivent ensemble mais séparément. Quelque 1,2 million d’amoureux ne partagent pas le même toit en France, selon l’étude La Famille à distance réalisée par l’Institut national d’études démographiques (Ined). Un chiffre difficile à obtenir.

 « C’est la première enquête qui fait la distinction entre relation amoureuse stable et couple non-cohabitant », explique à BFMTV Arnaud Régnier-Loilier, démographe et auteur d’un chapitre consacré aux couples à distance. « Quantifier les couples non-cohabitants est assez compliqué car cela renvoie à la conception que l’on se fait du couple et à une certaine subjectivité. Les contours du couple non-cohabitant sont flous. »

Plus présents chez les cadres

En effet, si 3,8 millions de personnes se disent en relation amoureuse stable non-cohabitante, un petit tiers seulement se considère en couple non-cohabitant. « Quel que soit l’âge, la proportion de personnes en relation amoureuse non-cohabitante est bien supérieure à celle des personnes en couple non-cohabitant, illustrant que la notion de couple est dans l’esprit des répondants nettement plus restrictive que celle de relation amoureuse stable », analyse Arnaud Régnier-Loilier.

Dans le détail, ces couples vivant chacun chez soi résident davantage en Île-de-France (27%) ou dans les grandes agglomérations (44%). Ce sont plus souvent des femmes, et plus souvent des cadres que des employés ou des ouvriers. « Les cadres ont moins de contraintes économiques, une plus grande aspiration à une certaine forme d’indépendance et investissent davantage dans leur carrière », ajoute Arnaud Régnier-Loilier.

Dans les catégories socio-professionnelles les moins favorisées, les couples non-cohabitants sont ainsi plus rares. Ceci est lié aux contraintes économiques, qui pèsent davantage, mais aussi à une conception du couple plus conventionnelle, indique le spécialiste, qui dresse trois profils de ces couples.

6 sur 10 âgés de moins de 35 ans

Tout d’abord les jeunes, qui débutent leur vie amoureuse. Six non-cohabitants sur dix ont moins de 35 ans. « Ils sont dans une situation de transition qui ne va pas durer », remarque Arnaud Régnier-Loilier. « Soit ils vont se séparer, notamment en raison d’un changement de région dû aux études, soit ils vont emménager ensemble. » Pour eux, la non-cohabitation « est une forme transitoire de relation conjugale », « une étape du processus de (re)mise en couple », analyse l’étude.

Viennent ensuite les personnes qui débutent une nouvelle vie amoureuse. « Elles prennent le temps avant d’emménager sous le même toit si tant est qu’elles en aient envie. Après une séparation, elles n’ont pas envie de risquer leur équilibre et se montrent prudentes », poursuit le spécialiste. Quant à ceux qui ont eu des enfants d’un premier couple, ils préfèrent un « chacun chez soi » plutôt que d’imposer une situation compliquée avec un beau-père ou une belle-mère.

« Inventer une nouvelle forme de relation »

C’est le cas d’Élise, une trentenaire mère d’un petit garçon de 8 ans. Pas question pour elle de vivre sous le même toit que l’homme qui partage sa vie depuis quatre ans, lui aussi père d’un enfant. Elle témoigne dans Le Figaro:

« Nous avons déjà construit notre vie chacun de notre côté avec un travail, un logement. Nous avons chacun notre rythme, nos habitudes, notre style d’éducation et nous respectons l’intimité de chacun. Nous ne gérons pas le quotidien ensemble et nous sommes toujours contents de nous retrouver en amoureux quand nous n’avons pas les enfants. Nous avons l’impression d’inventer une nouvelle forme de relation. »

Plus de non-cohabitants chez les 80 ans

Enfin, dernier profil: toutes les situations particulières comme lorsque l’un des partenaires vit en institution, ou les couples qui n’ont ni le projet d’emménager, ni de projet d’enfant. Autre découverte de cette étude: la part des plus de 80 ans est plus importante chez les non-cohabitants que chez les cohabitants.

« Il peut s’agir de remises en couple où l’un et/ou l’autre des partenaires souhaitent conserver chacun leur propre logement, par attachement à leurs habitudes, à leur quartier, à leur maison ou encore afin d’éviter de compromettre de bonnes relations qu’ils peuvent avoir avec leurs enfants et petits-enfants. »

Mais globalement, lorsque les partenaires sont pacsés ou mariés, ils vivent sous le même toit. « La non-cohabitation ne s’accorde pour ainsi dire jamais avec l’officialisation de l’union ni avec la présence d’enfants du couple », poursuit l’étude.

 Source BFM-TV

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