ÉLEU-DIT-LEAUWETTE : Six ans après le drame, une marche blanche émouvante pour la jeune Pauline

La manifestation organisée samedi après-midi a réuni une petite centaine de personnes pour dénoncer le harcèlement scolaire, mais surtout en souvenir de la jeune Eleusienne Pauline Fourment, qui s’était suicidée en janvier 2012, quatre mois après son entrée au collège Jean-Jaurès de Lens. Elle n’avait que 12 ans.

Ils étaient une petite centaine au rendez-vous, samedi après-midi, dans la cour de l’école Fassiaux d’Eleu-dit-Lauwette. Dix fois moins qu’en 2012, lors de la première marche blanche en hommage à la jeune Pauline Fourment. Mais l’émotion était bien présente. «  Ça reste toujours des moments difficiles, a estimé sa mère Béatrice, mais ça fait du bien de sentir ce soutien  ».

Solide, c’est elle qui a mené avec ses deux fils Thomas et Corentin le cortège silencieux et seulement fourni de quelques banderoles discrètes. Parti d’un lieu symbolique, le groupement scolaire où la jeune Eleusienne a effectué sa scolarité, il en a rejoint un autre : l’ancien domicile familial, rue Camphin. Là même où, le soir du 2 janvier 2012, Pauline Fourment s’est suicidée d’un coup de fusil, quatre mois seulement après son arrivée au collège Jean-Jaurès, où elle était moquée, harcelée et insultée.

Des lâchers de ballons devant l’ancienne maison familiale

Sur place les attendaient des membres de l’association les Souffre-Douleur de l’école, à l’initiative de la marche blanche. Devant la maison, le cortège aux joues rougies par le froid et aux yeux mouillés par la tristesse a écouté les discours du président de l’association Michel Bucamp et de la mère de Pauline, qui ont notamment dénoncé le harcèlement scolaire sous toutes ses formes, et la lecture d’un texte émouvant par une des amies de Pauline.

Des messages de soutien reçus sur les réseaux sociaux ont également été lus alors que des bougies avaient été allumées et des fleurs déposées à côté d’une grande photo de la jeune fille. La cérémonie s’est terminée par des lâchers de ballons en hommage à Pauline Fourment, qui aurait fêté ses 18 ans en fin d’année dernière.

30-20

Ces chiffres ont été martelés, hier, par l’association les Souffre-douleur à l’école. Dessinés en bougies, en dessous du prénom de Pauline. Le 30-20 est un numéro vert lancé fin 2015 par le ministère de l’Éducation nationale destiné à prendre en charge les familles, témoins et victimes de harcèlement scolaire, du lundi au vendredi, de 9 h à 18 h.

La famille espère rouvrir le dossier

«  Le combat continue.  » Le message lancé par Béatrice Fourment, six ans après le suicide de sa fille Pauline, est clair. «  À l’époque, il n’y avait pas de loi (le délit général de harcèlement qualifié dans le code pénal a été créé par la loi du 4 août 2014, ndlr). Aujourd’hui, nous avons un espoir, faire rouvrir l’enquête et lui rendre justice, nous en avons besoin  », lâche-t-elle.

Pour cela, la famille compte notamment sur la libération de la parole de jeunes ayant été témoins du harcèlement subi par sa fille, selon elle à l’époque intimidés mais désormais majeurs : «  Ce serait possible si des témoignages venaient étayer  » la thèse du harcèlement ayant mené au suicide.

«  Nous gardons cet espoir. On veut lui rendre justice et lutter contre ce fléau, explique Béatrice Fourment. Pauline était une brebis avec des loups, ils l’ont brisée. Et elle s’est donné la mort de façon monstrueuse pour échapper à ses prédateurs.  »

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