Bébé incinéré par erreur : Une enquête interne pour déterminer l’erreur et les responsabilités de l’hôpital de Marseille

Cette fois, à l’évidence, l’annonce faite par l’Assistance publique – hôpitaux de Marseille (AP-HM) d’une « enquête interne pour analyser les circonstances qui ont pu conduire à une si grave erreur » ne suffira pas à éteindre la polémique.

Révélé hier par La Provence, l’échange des corps de deux bébés au sein de la chambre mortuaire de La Timone, qui a conduit à l’incinération à Aubagne d’un enfant de 8 mois, alors que sa famille attendait ses obsèques à Marseille, s’est déplacé sur le terrain judiciaire. « Nous avons déposé plainte pour ‘atteinte à l’intégrité d’un cadavre’ afin d’obtenir des investigations indépendantes. D’ailleurs, des premières auditions ont déjà lieu », assure Me Abega l’avocat de la famille marseillaise. « Nous ne pouvions accorder le moindre crédit à une enquête interne conduite par une institution qui a failli à sa tâche. Celle de s’occuper du corps qui lui a été confié, en confiance, dans un moment de grande vulnérabilité », insiste-il.Hier, Nestor Abega a précisé les circonstances navrantes dans lesquelles les parents de Moïse, décédé des suites d’une malformation cardiaque, ont pris connaissance de cette terrible confusion. « Ils sont arrivés mardi à 8 h 30 à la morgue avec leurs proches pour attendre le corps, détaille l’avocat. Ils avaient réglé les obsèques, fait venir deux prêtres, et tout était prêt pour un enterrement au cimetière de Saint-Pierre. Mais vers 11 h 30, alors que les atermoiements du personnel commençaient à semer le doute, une amie du père est allée se renseigner, et là, on lui a avoué que le petit venait d’être incinéré par méprise à Aubaugne. Le directeur est venu s’excuser. La mère s’est effondrée au sol. Sans la dignité de ces gens, on aurait eu un pugilat ».

« Face à cette seconde mort, leur souffrance est irréparable »

Une confusion d’autant plus impardonnable, tonne Nestor Abrega, que dans l’esprit de ce couple de Français d’origine camerounaise « le corps doit retourner à la terre ». « L »incinération est inconcevable pour eux. Ils auraient souffert comme tous les parents face à la perte d’un enfant, mais face à cette seconde mort, leur souffrance est irréparable ».

Comme l’est celle de l’autre famille victime, originaire du Var, qui a assisté sans le savoir à la cérémonie de crémation à Aubagne d’un autre enfant que leur fille morte quatre jours après sa naissance. « J’ai été contacté par les policiers pour être entendue« , nous a confié hier la mère de Kyana, dont la dépouille est toujours conservée à La Timone. Ses nouvelles (et vraies) obsèques ont, en effet, été bloquées par l’enquête… « Ça s’était déjà passé une fois en décembre (un homme de 70 ans avait été inhumé à la place d’un autre, ndlr), ça vient de se reproduire, et si on ne fait rien, je suis sûr que ça va recommencer », enfonce Me Abega. « C’est la principale motivation de notre action. Il faut repérer les failles du dispositif, établir les culpabilités, pour que des parents en deuil n’aient plus jamais à vivre cela ».

Source Corse-Matin

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