Estelle Mouzin: Fourniret laisse entendre qu’il pourrait être impliqué dans la disparition de la fillette

« L’ogre des Ardennes », qui a reconnu au cours de récentes auditions, les meurtres de Marie-Angèle Domece et Joanna Parrish au début des années 90, pourrait être impliqué dans la disparition de la jeune Estelle Mouzin, à Guermantes en Seine-et-Marne en 2003.

Son nom revient et ressort depuis des années dans l’affaire de la disparition d’Estelle Mouzin, mais les dernières déclarations de Michel Fourniret relancent cette piste. Au cours de ses récentes auditions par une juge d’instruction parisienne, le tueur en série, déjà condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour cinq meurtres et deux assassinats, reconnaîtrait de manière détournée pouvoir être impliqué dans la disparition de la petite fille de neuf ans en 2003.

Les parents d’Estelle Mouzin, prêts à explorer toutes les pistes, demandent un dessaisissement de la PJ de Versailles, jusqu’ici en charge de l’enquête qui reste au point mort, et qui ne croit pas à l’hypothèse Fourniret. Au contraire, les avocats des parents veulent continuer les investigations dans ce sens.

Des auditions dans le cadre d’autres enquêtes

Ils sont incités à continuer dans cette direction en raison des récentes déclarations de « l’ogre des Ardennes », dans le cadre des affaires non résolues concernant Marie-Angèle Domece et Joanna Parrish. Au début du mois de février en effet, Michel Fourniret a reconnu le meurtre des deux jeunes femmes. La première était une jeune handicapée mentale de 19 ans, qui avait disparu le 8 juillet 1988 dans l’Yonne. Son corps n’a jamais été retrouvé. Le corps de la seconde, assistante d’anglais de nationalité britannique, avait été découvert le 17 mai 1990 à Moneteau, dans l’Yonne. Elle était nue, avait été battue et violée.

Estelle Mouzin, neuf ans, a quant à elle disparu le 9 janvier 2003 en pleine rue, alors qu’elle revenait de l’école à Guermantes, en Seine-et-Marne. La proximité géographique de la disparition de la fillette avec la zone d’action du tueur en série, interpellé en juin 2003, a fait apparaître son nom rapidement dans le dossier d’enquête. Dès son arrestation en Belgique, Michel Fourniret a été entendu à ce sujet. Mais rien de concluant n’était ressorti de ces auditions. En 2005, la piste Fourniret avait été totalement abandonnée par les enquêteurs de la police judiciaire de Versailles.

Une vidéo sur la fillette

Un an plus tard, un nouveau rebondissement intervient. Cette année-là, le procureur de Charleville-Mézières, où étaient instruits les crimes du tueur en série, prévient la Chancellerie que Michel Fourniret pourrait « raisonnablement être suspecté dans la disparition d’Estelle Mouzin ». Quelques semaines plus tard, les enquêteurs découvrent sur une cassette vidéo appartenant au tueur l’enregistrement d’un journal télévisé belge consacré à l’affaire Mouzin. Une photo d’Estelle est également retrouvée sur le disque dur de Fourniret.

A cela s’ajoute la camionnette de « l’ogre des Ardennes » qui correspond au véhicule suspect décrit lors de l’enlèvement d’Estelle Mouzin. En 2007, c’est Fourniret lui-même qui demande à la justice d’être interrogé sur la disparition de la fillette, mais aussi sur les meurtres de Marie-Angèle Domece et Joanna Parrish. L’audition ne donne rien, Michel Fourniret ne reconnaissant pas son implication. Mais en 2010, les parents de la fillette demandent l’analyse de trois scellés: des morceaux de lacets blancs, des gants noirs en polaire et un jean taille enfant susceptibles de correspondre aux vêtements portés par la fillette le jour de son enlèvement.

Des analyses ADN pas concluantes

Tout comme l’analyse des  « 3000 à 9000 poils, cheveux ou fibres de vêtements » découverts dans la camionnette avec laquelle Fourniret circulait, les analyses ADN n’ont rien donné. Deux ans après des recherches scientifiques plus poussées, en 2013, l’hypothèse Fourniret dans la disparition d’Estelle Mouzin est à nouveau abandonnée… avant les révélations d’une ancienne codétenue de Monique Olivier. Selon ses dires, l’ex-femme de Fourniret lui a confié avoir donné aux enquêteurs un faux alibi à son mari le jour de la disparition de la fillette.

« Elle a bien été entendue mais pas placée en garde à vue », a précisé cette source. « Monique Olivier est restée sur ses positions » concernant le jour de la disparition de la fillette de 9 ans, le 9 janvier 2003 à Guermantes, en Seine-et-Marne.

Mercredi, des fouilles ont eu lieu dans l’Yonne dans le cadre de l’enquête sur la disparition en 1988 de Marie-Angèle Domece. Elles ont été menées par des gendarmes de la section de recherches de Dijon, et la police judiciaire de Versailles, en charge de l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin, avait été conviée en observateur. Le lendemain, les parents de la fillette ont demandé à ce que la PJ de Versailles soit dessaisie de l’enquête.

Les avocats des parents d’Estelle Mouzin ont rendez-vous le 22 mars prochain à la Cour d’appel de Paris, pour faire une nouvelle demande de dessaisissement, la dernière ayant été rejetée en juin dernier.

Source BFM TV

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