CORSE : Une nuit d’enfer pour une adolescente enlevée et violée par deux hommes

Photo Corse Matin

Accusés d’enlèvement, de séquestration et de viols, deux hommes comparaissent pour des faits remontant à la nuit du 19 novembre 2015. L’affaire est examinée à huis clos

Tout le monde s’y attendait. Hier matin, à l’issue du tirage au sort des jurés de la première affaire, Me Marie-Line Orsetti, conseil des parties civiles s’est levée pour demander que l’affaire soit examinée à huis clos.

L’avocat général, Delphine Arrighi a souligné, pour l’information du rare public présent dans la salle, que la demande est de droit dans les dossiers de moeurs. Prenant la parole ensuite pour l’ensemble de la défense, Me Anna-Maria Sollacaro a juste indiqué qu’avec ses confrères, elle s’en rapportait à la décision de la cour.

Il n’a pas fallu 30 secondes au président Emmanuelidis et à ses assesseurs pour se concerter et demander à tout le monde, hormis les magistrats, les avocats, l’huissier et le service d’ordre, de sortir de la salle.

Finalement, c’est une sorte de soulagement qui a envahi le prétoire. Pour la jeune victime, tout juste majeure au moment des faits. Pour ses parents, parties civiles à ses côtés, qui n’avaient pas forcément envie que toute la ville vienne – potentiellement – se repaître des malheurs de leur fille.

Mais paradoxalement aussi dans le box et sur le banc des accusés où comparaissent Jamal Achahbar (29 ans) et Quentin Gomes (22 ans).

Car les faits qu’on leur reproche n’ont rien de glorieux. Accusé d’enlèvement, de séquestration et de viols, dans la nuit du 19 novembre 2015, Jamal Achahbar a toujours dit, au cours de l’instruction qu’il ne se souvenait de rien ou presque. Aura-t-il plus de souvenirs au cours de l’audience ? Rien n’est moins sûr.

Pour Quentin Gomes accusé de complicité d’enlèvement de séquestration et de viol, la comparution, derrière des portes closes n’est pas non plus une mauvaise chose. Difficile, pour le jeune homme qui comparaît libre aujourd’hui, d’expliquer comment il a pu conduire pendant des heures alors que l’horreur se déroulait sur la banquette arrière de sa voiture.

En cours d’instruction, il avait indiqué qu’il était  » terrorisé  » par son complice. Cette position restera-t-elle la même ?

Coups, viols et…

Dès les portes refermées, le panneau « huis clos » apposé et le service d’ordre en place, c’est le déroulement d’une longue nuit d’horreur qui s’est invité dans la salle. Une nuit de coups, de viols et de menaces de mort.

« On a abordé les faits avec la déposition du directeur d’enquête, dès le début de l’audience. Dans la mesure où notre client n’a que des souvenirs très fragmentaires de cette nuit, nous nous en référons aux faits et aux éléments matériels », ont sobrement commenté les avocats de Jamal Achahbar, Mes Anna-Maria Sollacaro et Dominique Paolini, lors d’une suspension d’audience.

« Il faut se rappeler qu’elle était très jeune tout juste majeure au moment où cette nuit d’horreur s’est produite », pose, d’entrée de jeu, Me Régis Hidalgo, conseil de la victime dès les débuts de l’affaire.

« C’est la première fois qu’elle est à nouveau confrontée à ces deux hommes. Elle ne peut qu’être angoissée de revivre cela. Il faut savoir que, pour elle, cela ne s’est pas terminé le lendemain. Elle n’a plus jamais touché à son scooter. Elle a peur de sortir seule, surtout dès que la nuit tombe », insiste-t-il, en empathie avec sa cliente.

Les faits et les personnalités des accusés continueront d’être évoqués aujourd’hui, toujours à huis clos.


Rappel des faits

19 novembre 2015

1 heure 
Alors qu’elle a arrêté son scooter au bord de la route, entre Bonifacio et Porto-Vecchio, la victime est, selon l’accusation, contrainte par Jamal Achahbar de monter dans la voiture conduite par Quentin Gomes.

5 heures
Quentin Gomes laisse Jamal Achahbar et sa victime à Saint-Antoine de Ghisonaccia.

9 heures
Le scooter de la victime est découvert. Une enquête pour disparition inquiétante est ouverte

Mi-journée
Profitant du départ de son geôlier, la victime s’enfuit et va porter plainte à la gendarmerie de Ghisonaccia.
Jamal Achahbar tente de partir pour la Sardaigne, puis embarque sur le cargo en direction de Marseille.

19 heures
En planque sur les lieux de la séquestration, les gendarmes interpellent Quentin Gomes, revenu sur place en compagnie d’un troisième homme.

20 novembre

Jamal Achahbar est interpellé à sa descente du bateau, à Marseille.

Source Corse Matin 

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