Il est jugé pour le viol d’une adolescente, alors qu’il était son professeur de judo

Un entraîneur genevois aurait abusé sexuellement d’une adolescente pendant trois ans. La jeune fille est dévastée. Lui parle de consentement et de relation amoureuse.

«Pendant un moment, nous avons été un petit couple heureux.» Cette affirmation de l’accusé de 52 ans a fait fondre en larmes sa victime, âgée de 18 ans, hier au Tribunal correctionnel de Genève. La jeune fille accuse son ancien professeur de judo de viol et de multiples abus sexuels, perpétrés alors qu’elle avait entre 12 et 15 ans. L’homme est notamment jugé pour contrainte sexuelle, viol, actes d’ordre sexuel avec des enfants et pornographie.

Celui qui est arrivé libre à son procès a arrêté toute activité dans l’art martial qu’il enseignait à Carou­ge (GE) mais continue d’exercer auprès d’adultes comme coach sportif.

D’après le Ministère public genevois, l’accusé «a systématiquement exploité la supériorité qu’il tirait de son statut d’entraîneur de judo et de mentor, son autorité quasi paternelle sur la victime ainsi que ses sentiments amicaux» pour parvenir à ses fins. En lui promettant une belle carrière sportive, il en aurait profité pour abuser d’elle durant trois ans. À plusieurs reprises et contre son gré, le quinquagénaire l’aurait donc touchée, obligée à lui prodiguer des fellations et violée.

Relation «bizarre»

L’accusé rejette une grande partie des accusations et ne reconnaît que partiellement les actes d’ordre sexuel avec des enfants. Il affirme n’avoir eu des relations sexuelles avec l’adolescente, consentante, qu’à partir de 2015, quand elle avait 15 ans. L’homme reconnaît une relation «bizarre. Nous avons commencé à nous voir de plus en plus, parfois trois fois par jour. Petit à petit, notre relation de coach à élève est devenue plus amicale, puis sentimentale, voire amoureuse, en ce qui me concerne.» D’après le coach, la jeune adolescente était «bien» avec lui, «je n’ai jamais ressenti de rejet». Des dizaines de jeunes ont été entraînés par le prévenu, pendant les quelque vingt années durant lesquelles il a été coach de judo à Carouge.

Il a ainsi demandé à d’autres élèves adolescentes de lui envoyer des photos d’elles dénudées via Whats­App. «Les jeunes faisaient cela entre eux. J’ai voulu faire pareil, pour me sentir jeune. J’ai manqué de maturité, c’était une grosse bêtise», reconnaît-il. Si certaines judokas ont évoqué des pressions de sa part pour qu’elles lui obéissent, l’accusé dit les avoir juste «taquinées». Des fichiers pornographiques mettant en scène de très jeunes enfants et des animaux ont également été trouvés sur son ordinateur. Le procès se poursuit aujourd’hui avec l’audition de la victime. (Le Matin)

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