Toulouse : L’ado fugue, ses amis la prostitue de force

La semaine dernière à Toulouse, deux jeunes garçons de 18 ans, dont l’un est encore étudiant, ont été interpellés par les enquêteurs du SRPJ et mis en examen pour «proxénétisme aggravé».

Ils sont soupçonnés d’avoir prostitué une jeune adolescente en fugue et âgée de 16 ans seulement. Ces deux garçons nient les faits qui leur sont reprochés, indiquent leurs avocats, Mes Alexandre Martin, Parra-Bruguière et Legros-Gimbert qui ont obtenu leur placement sous contrôle judiciaire. «Ils ont indiqué avoir agi sous la contrainte des plus grands», souligne Me Legros-Gimbert.

La France a choisi de pénaliser les prostituées et leurs clients. Le bilan de cette approche répressive, menée depuis plus de quarante ans, est désolant. Prévenir et accompagner sont les seuls moyens de lutter contre les risques.

Ce bilan désolant devrait mettre en garde devant toute tentation de répondre aux problèmes sociaux par l’intransigeance. Adoptée, elle aussi, avec des froncements de sourcils et des roulements d’épaule, la loi d’avril 2016 «renforçant la lutte contre le système prostitutionnel» pourrait faire concurrence à celle de 1970 en termes de bêtise satisfaite.

Deux ans après son entrée en vigueur, c’est, plus que sa nocivité, la vacuité de cette politique qui saute aux yeux. La prohibition de l’achat de services sexuels fait sur le territoire l’objet d’une application différenciée, surtout dépendante des sensibilités locales à la visibilité des prostituées, et la police se défend de son indolence répressive en arguant avec bon sens qu’elle a d’autres priorités que verbaliser le queutard à la sortie des camionnettes. L’abrogation du délit de racolage n’a pas suscité le retour des prostituées dans les centres-villes, d’où elles avaient été chassées après son rétablissement en 2003. Qu’elle en frappe l’offre ou la demande, la sanction des transactions sexuelles a toujours le même effet : leur déplacement dans des zones discrètes. Maintenues en périphérie urbaine et en bordure de route, les prostituées peuvent bien hurler en cas d’agression, l’important reste qu’elles n’importunent pas les riverains.

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