Seine-et-Marne : Ses enfants sont placés, le combat d’une mère pour récupérer ses neuf enfants

Cette mère de famille de Chessy a vu ses enfants placés dans des foyers, en juin dernier, suite à des violences exercées par le père. Depuis, elle essaie de les récupérer chez elle, quatre d’entre eux vivant très mal leur placement.

Leïla est une femme désemparée. Ses neuf enfants ont été placés dans des foyers ou chez une tante, en juin dernier, par un juge des enfants du tribunal de Meaux (Seine-et-Marne). Et depuis, cette habitante de Chessy de 38 ans ne parvient pas à les récupérer « légalement ». Le 21 décembre, un second magistrat a en effet décidé le prolongement du placement pendant un an. Une situation insupportable pour la fratrie et pour la maman, qui a fait appel de ce jugement.

« C’est aujourd’hui qu’ils sont en danger »

« Si on me prend mes enfants, alors je dis, faites mieux que moi », s’emporte-t-elle. A ses côtés, son avocate Me Marie-Charlotte Lunay est catégorique : « C’est aujourd’hui qu’ils sont en danger, que ce soit en termes de sécurité ou de moralité. Leur mère a remarqué une dégradation de leur langage et de leur comportement. Ils se sont endurcis et frôlent la délinquance. Aucun suivi psychologique n’a été mis en place. »

Selon cette avocate, l’Aide sociale à l’enfance (NDLR : l’ASE, un service du conseil départemental) « traite l’urgence mais ne fait pas le travail de fond ». C’est que le placement de quatre d’entre eux pose problème, ces mineurs multipliant les fugues et revenant sans cesse chez leur mère. « A tel point que les services de l’ASE ont demandé au juge la levée du placement. Le 2 mars, lors d’une nouvelle audience, le magistrat est resté sur sa position », poursuit Me Lunay.

Les quatre âgés de 8 à 13 ans fuguent pour rentrer chez eux

A l’origine de cette situation : les violences exercées par le père sur l’une de ses filles. Ce dernier a été éloigné du domicile et un juge d’instruction saisi du volet pénal. « Au début, je n’acceptais pas qu’on ait placé tous mes enfants ». Mais au fil des séances chez le psychiatre, Leïla – qui a mis au monde son dixième enfant entre-temps — a compris que la situation familiale le méritait. « J’y ai vu plus clair. Ma fille n’a pas menti, quelque chose m’avait échappé. J’ai donc adhéré à la mesure et je l’ai expliquée à mes enfants », reconnaît cette femme vive et intelligente.

Pour les aînées et les très jeunes — la plus âgée a 18 ans et le plus petit 4 ans — la situation est à peu près stable. En revanche, les quatre enfants âgés de 8 à 13 ans sont en souffrance. Ils refusent de réintégrer les foyers ou le domicile de la tante et sont en fugue… chez leur mère.

Un inspecteur de l’Aide sociale à l’enfance rencontrera la familleL’appel au secours de Leïla a été entendu par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). « Un rendez-vous sera pris avec la famille par un inspecteur de l’ASE pour débloquer la situation », assure un chargé de communication du conseil départemental de Seine-et-Marne, responsable de la protection de l’enfance.

Le jugement du 2 mars est clair : l’Aide sociale à l’enfance se dit « dans l’incapacité d’exécuter la mesure de placement ». Pas question toutefois pour le département d’évoquer un éventuel manque de moyens humains ou matériels, qui aurait conduit à la demande de levée de placement émise par l’ASE elle-même. « Ce genre de situation n’est pas inhabituel, notamment quand il s’agit d’adolescents ».

« Un placement est une décision lourde, toujours motivée, prise par un juge en raison d’un danger existant pour l’enfant. Et ce n’est pas parce qu’un service ne parvient pas à remplir sa mission que l’élément de danger n’y est pas », rappelle Dominique Laurens, la procureure de Meaux.

G.Ca. via le Parisien 

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