Limoges : 5 ans prison ferme pour une femme qui a tué son mari violent

Son mari avait été condamné trois fois pour violences conjugales. La cour d’assises n’a pas retenu la légitime défense de l’accusée.

Fatiha Taoui, une femme de 43 ans, a été condamnée mercredi à cinq ans de réclusion criminelle, dont trois ferme, aux Assises de la Haute-Vienne, pour avoir tué il y a cinq ans son mari violent d’un coup de fusil.

Fatiha Taoui a été reconnue coupable d’homicide fin juin 2013, des faits pour lesquels le procureur de la République, Gilbert Emery, avait requis sept ans d’emprisonnement. La peine prononcée au terme d’une heure de délibéré est assortie d’un sursis de deux ans et d’une « obligation de psychothérapie ». Le procès s’est déroulé dans une atmosphère tendue, rapporte France 3 Limousin.

La légitime défense non retenue

« Par cette peine, la cour a tenu à rappeler son obligation de sanction eu égard aux faits qui vous sont reprochés, mais elle a été soucieuse également d’y ajouter la possibilité d’un aménagement de peine qui pourrait être mis en place avant la fin de l’année », a souligné le président Gilles Fontrouge.

Tout au long du procès, les conseils de l’accusée ont tenté vainement de convaincre la cour que leur cliente avait agi en état de légitime défense. La mère de famille avait tué son mari, Ismail, dans la nuit du 26 au 27 juin 2013, en présence de ses enfants, alors que celui s’était présenté au domicile familial armé d’un fusil.

Le mari condamné trois fois pour violences

Un mois plus tôt, la justice avait pris contre ce mari violent une injonction d’interdiction d’approcher son épouse et ses enfants. Condamné trois fois pour violences conjugales et harcèlement, la victime était connue de la police, qui avait dû maintes fois intervenir au secours de son épouse qui cherchait à divorcer.

Appelés à la barre, les deux aînés de la fratrie de trois, 18 et 16 ans aujourd’hui, ont décrit un contexte familial « étouffant », une mère persécutée et empêchée de sortir, un père tyrannique et bipolaire.

Réservée et discrète, Fatiha Taoui, qui comparaissait libre, avait déclaré au premier jour du procès : « Je regrette qu’il soit mort, mais je ne regrette pas d’être en vie avec mes enfants. » Elle a été écrouée aussitôt après l’énoncé du jugement. Ses avocats ont dix jours pour faire appel.

Avec AFP

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.