Allemagne : perpétuité pour le demandeur d’asile meurtrier d’une étudiante

En octobre 2016, l’homme avait violé à plusieurs reprises et tué une étudiante en médecine.

Un demandeur d’asile se disant afghan a été condamné à la perpétuité ce jeudi, en Allemagne, pour le meurtre d’une étudiante. Le tribunal de Fribourg, présidé par la juge Kathrin Schenk, jugeait depuis septembre Hussein Khavari pour le viol et le meurtre, en octobre 2016, de Maria Ladenburger, une étudiante en médecine de 19 ans.

Il a considéré aussi que ses crimes étaient « particulièrement graves », une définition pénale qui permet une incarcération effective pendant plus de 15 ans. L’accusé avait, lui, reconnu avoir attaqué sa victime « sous le coup d’une impulsion ».

L’agression, survenue de nuit alors que la victime rentrait d’une soirée, avait été particulièrement violente : après l’avoir mordue à la poitrine et à la joue, Hussein Khavari avait tenté de l’étrangler. Une fois inconsciente, il l’avait violée à plusieurs reprises, avant de l’abandonner au bord d’une rivière où elle s’était finalement noyée. Confondu par des images de vidéosurveillance, puis par son ADN retrouvé sur place, Hussein Khavari avait été arrêté quelques semaines plus tard.

Un crime récupéré par l’extrême droite

L’annonce du viol et du meurtre d’une jeune allemande par un demandeur d’asile avait suscité une vive indignation en Allemagne, un an après la décision de la chancelière, Angela Merkel, d’accueillir plusieurs centaines de milliers de demandeurs d’asile venus en majorité de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan. Ce crime faisait partie des faits divers brandis par l’extrême droite pour dénoncer la politique d’accueil de la chancelière et signifier le prétendu danger que représente un afflux de musulmans en Allemagne.

« C’est un criminel qui est assis sur le banc des accusés, pas la politique migratoire » de l’Allemagne, a insisté à l’audience le procureur Eckart Berger. Arrivé en Allemagne en novembre 2015, année où le pays a accueilli 890 000 migrants, il avait déclaré être afghan et avoir 16 ans ou 17 ans. Au moment du crime, sa demande d’asile n’avait, elle, pas été examinée, les autorités compétentes étant débordées par le nombre de dossiers à traiter.

Lors du procès, alors que des expertises médicales estimaient son âge compris entre 21 et 29 ans, il a finalement admis s’être rajeuni de deux ans pour bénéficier du statut plus enviable de « mineur non accompagné ». Dans un premier temps, la justice avait considéré qu’il était âgé de moins de 18 ans au moment des faits et l’avait renvoyé devant un tribunal pour mineurs. Finalement, la cour aura prononcé une peine réservée aux adultes.

Des failles dans la coopération policière

Par ailleurs, sa nationalité afghane est également sujette à caution : au procès, un policier a déclaré que l’examen de son téléphone portable laissait entendre qu’il pourrait être originaire d’Iran. La cour a ainsi pu contacter en Iran le père de l’accusé alors même qu’Hussein Khavari affirmait qu’il avait été tué par les talibans.

Enfin, l’affaire avait révélé les failles béantes dans la coopération policière européenne. Khavari avait en effet été condamné en 2013 à dix ans de prison pour avoir tenté de tuer une étudiante en Grèce. Jetée du haut d’un précipice à Corfou, la victime avait survécu par miracle. Il avait alors bénéficié d’une amnistie décidée en raison de la surpopulation des prisons. Bénéficiant d’une liberté conditionnelle en octobre 2015, il disparaît peu après. Mais Athènes n’a pas émis d’avis de recherche international, ce qui avait empêché son identification à son entrée en Allemagne, selon les autorités allemandes.

Par ailleurs, un système européen de collecte des empreintes digitales censé éviter qu’une personne demande l’asile dans plusieurs pays européens n’a pas fonctionné, le jeune homme ayant déposé un dossier en Grèce puis en Allemagne.

Avec AFP

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