Condamné après avoir fait vivre «l’enfer» à la mère de ses enfants

Une mère de famille victime de violence conjugale, qui a eu peur pour sa vie et celle de ses deux enfants quand le père de ceux-ci l’a menacée et blessée de quatre coups de couteau en 2016, peut enfin tourner la page: son agresseur a été condamné à trois ans et 9 mois de prison jeudi à Québec.

«J’étais sûre qu’il voulait me tuer», a confié la victime à la sortie de la salle d’audience, revenant courageusement sur l’épisode d’une violence inouïe qu’elle a vécu le 17 décembre 2016, alors qu’elle venait d’accoucher de leur deuxième enfant, après une récente séparation.

«L’enfer»

Cette journée-là, la mère d’un garçon de deux ans et d’un poupon de quelques semaines, qui étaient présents dans la maison au moment du drame, «a vraiment vécu l’enfer», a souligné le juge Pierre Rousseau.

En se rendant faire ses boîtes au domicile familial, la femme s’est retrouvée enfermée avec son ex-conjoint de 36 ans – dont nous taisons l’identité pour protéger la victime – dans la salle de lavage, où il lui a réclamé, les boxers baissés, une fellation à la pointe d’un couteau.

Quand elle a tenté de s’enfuir, son agresseur a menacé de la «piquer» en la tirant par les cheveux et en la projetant au sol, avant de la blesser de quatre coups de couteau.

Son fils lui a peut-être sauvé la vie

La victime croit que son fils de deux ans lui a peut-être sauvé la vie, lorsqu’elle a réussi à le prendre dans ses bras en tentant de s’enfuir à nouveau.

«Il l’aimait beaucoup. Je me suis dit en le prenant dans mes bras qu’il allait peut-être ne pas s’en reprendre à moi», a exprimé la femme, qui avait eu le réflexe de saisir une nappe de cuisine dans sa fuite pour éviter que son fils voie l’horreur qui se déroulait sous ses yeux, alors que son ex-conjoint tentait de se suicider devant elle.

«Je l’ai mise [la nappe] par-dessus sa tête. Parce que quand il s’ouvrait les poignets, il me demandait de le regarder et de rester là.» La victime a aussi eu peur pour la vie de son poupon, qu’elle a dû laisser dans la maison en s’enfuyant, pendant que son ex-conjoint y était toujours.

«Je ne savais même pas si mon enfant allait me revenir vivant», a-t-elle glissé.

Une «certaine préméditation»

Si le juge a retenu parmi les facteurs atténuants l’état dépressif de l’accusé et les plaidoyers de culpabilité qu’il a enregistrés aux accusations d’agression sexuelle armée, de voies de fait graves, voies de fait et de séquestration qui pesaient contre lui, le juge a soulevé comme facteurs aggravants «une certaine préméditation» dans l’épisode «très violent» du 17 décembre 2016 et les gestes répétés dans le temps dans un contexte de violence conjugale. L’accusé, faut-il mentionner, a minimisé les gestes qu’il a posés.

«Il est important qu’un message clair soit envoyé, que la victime se sente soutenue par les tribunaux et que les victimes de telles violences dans un contexte de vie conjugale soient encouragées à dénoncer leur agresseur», a déclaré le juge Rousseau en détaillant la peine.

22 mois restants

Puisque l’accusé était détenu depuis son arrestation, il lui reste un peu plus de 22 mois à purger derrière les barreaux, après quoi il sera soumis à une probation de trois ans.

«C’est un soulagement, a réagi la victime, qui doit vivre avec d’importantes séquelles psychologiques, mais qui ne conserve toutefois aucune séquelle physique permanente. Je vais pouvoir passer à autre chose et arrêter de toujours revivre l’événement en devant témoigner», a-t-elle affirmé avant de quitter le palais de justice.

L’accusé sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans.

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