Qui est Radouane Lakdim : Passage de petit délinquant à « soldat » de l’EI

Radouane Lakdim, 25 ans, qui a tué trois personnes vendredi dans l’Aude avant d’être abattu, avait un passé de petit délinquant un temps surveillé pour des soupçons de radicalisation, avant de passer à l’acte en « soldat » du groupe État islamique.

« C’était un gamin sans histoires, une famille simple sans histoires. Il avait la barbe et était sans emploi », a raconté à l’AFP un de ses voisins, sous couvert d’anonymat.

Ce Français d’origine marocaine vivait avec sa famille dans la cité Ozanam, un quartier populaire situé à quelques centaines de mètres de la cité de Carcassonne et tout proche de la caserne CRS.

Né le 11 avril 1992 à Taza au Maroc, Radouane Lakdim a crié « Allah Akbar » et s’est présenté en « soldat » de l’EI en entrant dans le supermarché de Trèbes, près de Carcassonne. L’organisation jihadiste a revendiqué son action via son agence de propagande Amaq.

Durant la prise d’otages, il a téléphoné à sa mère, laquelle a appelé ses sœurs, qui se sont alors rendues sur les lieux, d’après une source proche de l’enquête.

– « Aucun signe précurseur » –

Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, l’assaillant avait été fiché « S » depuis 2014 (pour « sûreté de l’État ») en raison de liens « avec la mouvance salafiste ».

« En 2016 puis en 2017, il faisait l’objet d’un suivi effectif des services de renseignements, suivi qui n’avait permis de mettre en évidence aucun signe précurseur pouvant laisser présager un passage à l’acte terroriste », a indiqué M. Molins lors d’une conférence de presse au Tribunal de grande instance de Carcassonne.

Il a fait valoir qu’aucun élément ne pouvait à ce stade laisser penser que le suspect avait eu l’intention de se rendre en Syrie.

« Il était connu pour des faits de petite délinquance et nous l’avions suivi et nous pensions qu’il n’y avait pas de radicalisation », a affirmé le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, avant d’ajouter qu’il avait agi « seul ».

Radouane Lakdim, décédé après l’assaut des forces d’élite dans le magasin Super U, avait jusqu’alors eu affaire à la justice pour des faits de droit commun uniquement.

Il avait été condamné une première fois à Carcassonne le 29 mai 2011 à une peine d’un mois d’emprisonnement avec sursis pour port d’arme prohibé.

Il avait été à nouveau condamné le 6 mars 2015 à un mois de prison pour usage de stupéfiants et refus d’obtempérer. Il avait exécuté cette peine en août 2016 à la maison d’arrêt de Carcassonne, a détaillé le procureur de la République de Paris.

Ce dernier a indiqué qu’une proche de l’assaillant, « qui partageait sa vie », a été placée en garde à vue vendredi soir pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle ».

Avec AFP

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