DIGNE-LES-BAINS : Une assistante maternelle condamnée pour blessures involontaire

Il gémissait, il chouinait. Il refusait son biberon. Il était tout blanc, il ne réagissait pas. J’ai demandé à mon fils d’appeler les pompiers », raconte l’assistante maternelle, à la barre du tribunal correctionnel. Cette sexagénaire, nounou labellisée par les services de tutelle de Digne-les-Bains qui a fêté en 2009 le 50e bébé qu’on lui a confié tout au long d’une carrière dite exemplaire, est soupçonnée d’avoir maltraité un garçon de 4 mois, le 27 février 2013. Un nourrisson qu’elle avait accueilli une semaine auparavant seulement.

Un nourrisson qui peut pleurer près de 13 heures par jour et qui, la veille, avait tenu une fois de plus ses parents éveillés toute la nuit. « L’enfant n’était pas bien, ses cris exprimaient une souffrance témoignera une amie présente ce matin-là chez la nounou. Cet enfant avait un problème, je l’aurai emmené chez le médecin ».

Vers 15 heures, les choses empirent et les pompiers sont donc alertés. Rapidement, l’enfant est transporté à La Timone où un pédiatre diagnostique une hémorragie cérébrale et évoque le syndrome du bébé secoué alors que le médecin du SMUR à Digne n’avait constaté aucun signe de maltraitante, affirmant que l’assistante maternelle avait fait ce qu’il fallait.

« Je me suis aperçu qu’il n’était pas en forme ce jour-là, témoigne l’assistante maternelle à la barre du tribunal. Il régurgitait n’avait pas envie de jouer sur le tapis d’éveil. En se réveillant toujours grognon, il n’a pas fini son biberon et avalé trois cuillères de compote. À 15 h, il n’a dormi que deux fois 30 minutes ».

Une requalification de la prévention

« L’auriez-vous secoué de façon accidentelle ? », interroge alors Géraldine Frizzi, présidente du tribunal correctionnel. « Absolument pas », répond fermement la prévenue avouant seulement que l’enfant s’est cogné contre sa clavicule et s’est penché en avant violemment. Aujourd’hui, 6 ans après, le petit garçon accuse un retard intellectuel certain. Trois opérations ont été nécessaires pour réduire l’hématome. « J’ai continué à travailler jusqu’en 2011 », expliquait l’assistante maternelle qui est aussi mère de sept enfants.

« Le placement de leur enfant pendant un an et le temps de l’enquête a été une vraie souffrance pour ces jeunes parents dira Me Mohamed Felouah du barreau de Marseille. Ils ont subi un préjudice important. L’état de santé de l’enfant n’est toujours pas consolidé ».

« Le syndrome du bébé secoué est pernicieux, dira alors Stéphane Kellenberger, procureur de la République et induit des séquelles irréversibles. Les déclarations de l’assistante maternelle ont varié. Elle évoque un agacement, incapable de faire face au comportement de l’enfant, qui est totalement dépendant des personnes qui le gardent. Elle n’a pas su le gérer. Elle reconnaît l’avoir secoué violemment sans volonté de nuire. » Et de réclamer une peine de 18 mois de sursis, une mise à l’épreuve, une obligation d’indemniser les victimes et d’exercer pendant trois ans.

« Lorsque l’enfant a été remis il avait déjà un problème, argumente Me Gaëtan Di Marino du barreau d’Aix-en-Provence pour la défense de Brigitte. Les deux experts n’ont pas le même verdict. L’un évoque notamment une ancienneté de l’hématome survenu entre un et 8 jours avant le 27 février. »Avant de demander la relaxe au vu de la réputation de cette assistante maternelle au-dessus de tout soupçon.

Finalement le tribunal requalifie la prévention de violence en blessures involontaires et condamne l’assistante maternelle pour négligence, imprudence, inattention à une peine d’amende de 1 500 euros avec sursis recevant la constitution de partie civile.

Source le Dauphine

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