La nouvelle vie des enfants Turpin après la maison de l’horreur

Enchaînés, affamés et maltraités pendant des années, les 13 frères et sœurs de la « maison de l’horreur » ont tous quitté l’hôpital pour des structures d’accueil, où une nouvelle vie s’offre à eux.

« Ils ont enduré un calvaire extrêmement traumatisant. Ces enfants vont requérir une prise en charge psychologique et psychiatrique sur le long terme. » Quelques jours après la libération des treize enfants de la famille Turpin, les médecins insistaient sur le long processus de soins qui les attendait. Pendant des années, les frères et sœurs ont vécu captifs dans la maison de leurs parents, parfois enchaînés, affamés et battus. Sauvée lorsqu’une adolescente est parvenue à s’échapper pour donner l’alerte, mi-janvier, la fratrie a passé de longs mois à l’hôpital : leur état de malnutrition était tel que tous treize, six mineurs et sept majeurs, semblaient bien plus jeunes que leur âge.

Aujourd’hui et selon Europe 1, une nouvelle vie s’offre aux frères et soeurs qui sont enfin sortis de l’hôpital et affectés dans des maisons d’accueils.

La prise en charge leur change la vie, ils discutent sur skype, et leur prise de poids augmente.

Les enfants échangent via Skype. Deux mois et demi plus tard, David et Louise Turpin ont comparu devant un tribunal local, vendredi. Lors d’une audience de procédure, le couple, poursuivi pour torture et mise en danger d’enfants, a échangé sourires et regards complices devant les objectifs des photographes, rapporte le Desert Sun. Les parents ne sont pas autorisés à communiquer entre eux et encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Selon les médias américains, les enfants ont eux tous quitté l’hôpital : les majeurs vivent encadrés dans une maison spécialisée, tandis que les plus jeunes sont répartis entre deux familles d’accueil. Eux qui n’avaient accès à presque aucun confort moderne communiquent désormais… via Skype.

L’application de messagerie n’est qu’une des multiples découvertes des enfants, que leurs parents prétendaient éduquer à domicile. Seul l’aîné avait réellement pu suivre des cours de niveau universitaires, les autres ne bénéficiant que d’apprentissages très rudimentaires. Confinés dans la « maison de l’horreur » la grande majorité du temps, la plupart des frères et sœurs n’avait jamais vu un médecin, un policier ou un supermarché.

« Ils ont toujours la capacité d’aimer ». « Nous espérons qu’ils pourront apprendre des choses basiques de la vie, comme faire les courses, ou cuisiner », a expliqué à CNN Mark Uffer, responsable du centre médical de Corona, où a été soignée la fratrie pendant plusieurs semaines. « Malgré toutes les choses qu’on leur a faites, ils ont toujours la capacité d’aimer, de faire confiance aux gens qui sont bons avec eux. » Auprès du maire de la ville, interrogé par CBS, les infirmières du centre ont décrit des pensionnaires « chaleureux et aimants » mais à qui manquaient des usages qui « nous semblent acquis », comme l’usage d’une brosse à dents.

Sortis, les adultes « apprécient les activités du quotidien », comme « utiliser un iPad, regarder Star Wars ou manger des lasagnes », selon leur avocat, Jack Osborn. « Ils veulent aller à la plage, à la montagne, regarder Harry Potter… Ils gagnent confiance en eux. » Après des années de privations, les enfants Turpin découvrent aussi le sport et les aliments frais, comme les fruits et la soupe, qu’ils « adorent ». La plupart d’entre eux souhaite rapidement reprendre des études.

Pour l’instant incapables de quitter seuls la maison qui les accueille, les majeurs restent cependant entourés d’éducateurs, pour une période indéterminée. « C’est une expérience en soi pour eux, de comprendre qu’ils ont leur mot à dire, qu’ils ont des droits » explique leur avocat. « C’est quelque chose d’énorme, de pouvoir enfin décider de ce qu’ils veulent lire, de ce qu’ils veulent porter… De prendre de nouvelles décisions tous les jours. »

Source Europe 1 

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