Justice : Le magnétiseur condamné à 7 ans de prison pour viols et agressions sexuelles

Michel Pate, 53 ans, était jugé pour quatre viols et neuf agressions sexuelles parmi ses clientes, entre 2004 et 2014, à Dammartin-les-Templiers et Les Combes où il exerçait comme « magnétiseur digitothérapeute ».

« J’ai fait des choses qui ne se font pas, c’est clair. J’ai eu des positionnements inadéquats, oui, c’est vrai. Mais il n’y avait pas d’intentions sexuelles. C’étaient des pulsions que je ne saurais pas qualifier », a expliqué Michel Pate qui, en trois jours de procès devant la Cour d’assises, s’est évertué à réfuter les faits de viols et agressions sexuelles dont il était accusé. Parlant de « ressentis » des plaignantes et de « gestes inappropriés oui, mais sans pénétrations » de sa part.

Dans leurs plaidoiries, les avocats des parties civiles ont tour à tour décrit les retentissements psychiques et physiques des faits sur les treize victimes.

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Rappelant que chacune « venait en toute confiance chez lui, pensant qu’il allait faire des miracles là où la médecine traditionnelle était en échec », d’autant qu’il leur avait été conseillé qui par une amie, qui par une connaissance, ou un parent voire dans certains cas par un médecin généraliste, les avocats ont souligné l’emprise qu’avait sur elles « cet homme qui pratiquait le magnétisme à sa sauce ».

« Elles ont été agressées alors qu’elles venaient pour être soignées, violées alors qu’elles espéraient être guéries », a ainsi lancé Me Rigoulot, ses confrères Mes Serri, Martin et Bagot notamment, faisant chorus.

Le parquet avait requis 8 ans

L’avocat général Christian Molé renchérit : « Les victimes lui faisaient d’autant plus confiance que le recours à sa pratique représentait pour elle l’ultime espoir d’une guérison, d’un mieux-être, d’une solution à leur problème de santé. À la place de quoi il a donné libre cours à ses pulsions en profitant de la relation asymétrique entre patient et thérapeute. » D’où ses réquisitions : 8 ans de prisons assortis d’une interdiction d’exercer toute profession en lien avec le soin à la personne.

Côté défense, MBresson relèvera que « l’expert psychiatre n’a relevé chez lui aucune perversité » et, s’agissant des faits, parlera de « gestes inadaptés et déplacés peut-être mais que chacune des plaignantes, avec son parcours et son vécu a vécu comme une intrusion sur son corps. Car si le mal-être de ces femmes est profond et attesté, il pré-existait à leur venue chez lui et il ne doit pas payer pour leur passé. »

Et de plaider la relaxe s’agissant des agressions sexuelles et la requalification des prétendus viols tout au plus en agressions sexuelles.

Le jury a donc condamné Michel Pate à 7 années d’emprisonnement en lui interdisant définitivement d’exercer toute profession de soins aux personnes.

Lorsqu’au cours des débats le président Plantier l’avait interrogé sur son avenir à sa sortie de prison (sachant qu’il était déjà en détention provisoire depuis deux ans et demi), l’intéressé avait répondu : « Je ne vais plus faire de soins, c’est clair. Je l’avais déjà dit au début de l’enquête mais là, je vais vraiment m’y tenir. Je vais reprendre ce que j’aime faire : la mécanique dans le secteur agricole. »

Source L’est Républicain 

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