Fillette tombée dans la Garonne, à Bordeaux : 20 ans de prison requis contre le père

Les réquisitions sont tombées ce vendredi midi dans le procès de cet homme de 36 ans, accusé d’avoir précipité sa fillette de 22 mois dans la Garonne, depuis le Pont de pierre, à Bordeaux, le 21 novembre 2014. L’avocat général a demandé 20 ans de prison, assorti de 10 ans de suivi socio-judiciaire.

Au dernier jour du procès , devant les assises de Gironde, de cet employé de supermarché  poursuivi pour homicide volontaire par ascendant, l’avocat général a requis ce vendredi midi 20 ans de prison à l’encontre de l’accusé , assorti d’un suivi socio-judiciaire de 10 ans . Cet homme de 36 ans comparait depuis lundi , pour avoir volontairement fait tomber dans la Garonne Yumi, sa fillette de 22 mois, du parapet du Pont de Pierre où il l’avait assis. Les faits s’étaient déroulés le 21 novembre 2014 .

Dans son réquisitoire d’une heure et demi, l’avocat général Eric Seguin a d’abord décrit « l’homme du pont », comme il l’a appelé, comme un père « aimant, hyper-protecteur », mais qui aimait sa fille d’un amour « exclusif, morbide, où il n’y avait aucune place pour la mère », qu’il a tout fait pour salir.

Il a ensuite parlé d »‘un guerrier » qui voulait conserver la garde sa fille, après sa séparation quatre mois plus tôt avec la mère de l’enfant.  « Un guerrier fanatique, assisté de ses troupes » – « ses imbéciles d’amis qui ont fait de fausses déclarations au juge des affaires familiales » – , mais un « guerrier désespéré, qui était en train de perdre la guerre  » , car trois semaines plus tard, la garde de la fillette allait être confiée à a mère.

Pour l’avocat général, « tous les clignotants étaient au rouge lorsqu’il est monté ce soir-là sur le Pont de Pierre, le drame était inscrit », revenant sur les « invraisemblances » des différentes thèses qu’il a livrées aux enquêteurs.

« Une peine à la hauteur des faits »

A ses yeux, même s’il y a quelque part une altération du discernement de l’accusé au moment des faits, « la peine, demande-t-il aux jurés, doit être à la hauteur de la rupture du contrat social« , à savoir enlever la vie à son enfant. « Une peine à la hauteur des souffrances vécues par l’enfant dans ses derniers instants, et à la souffrance de ses proches« . Le mobile, « ce n’est pas l’amour, mais l’égoïsme forcené »,- poursuit-il , se désolant au passage d’avoir face à lui « un être glacial, ergoteur , incapable de demander pardon à la mère de Yumi, incapable d’exprimer des sentiments humains ». Et la durée de la peine doit le permettre de revenir dans le monde des humains. Avant de conclure « Ce n’est pas le hasard, ni la fautes des autres, ni le caprice de Yumi qui voulait soi-disant voir l’eau qui vous a amené là ce soir du 21 novembre 2014, mais bien vous. » 

Auparavant, dans leurs plaidoiries, les avocates des parties civiles avaient réclamé « justice pour Yumi ». Les avocats de la défense plaident ce vendredi après-midi, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. Le verdict est attendu tard dans la soirée .

Source France Bleu 

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