Maltraitances : Les tortionnaires de parents en prison pour 18 mois après des coups sur leur fille

« Maman tapait aussi mais moins fort que papa ». Laurence Mallet, avocate du Conseil départemental, faisait là l’écho des confidences de la petite fille dont elle avait la charge d’assurer la défense. Elle parle du quotidien d’une fillette « frappée, insultée, maquillée, obligée de mettre des manches longues, interdite de piscine… ». Après le père, condamné à deux ans ferme le 16 mai, c’était au tour, de la mère de famille lorientaise de 38 ans d’avoir à répondre, ce mercredi, devant le tribunal, des violences habituelles exercées sur sa fille.

Du fond de teint pour cacher les blessures

Celle-ci s’était présentée à l’école le visage et le corps couvert de bleus. Le médecin légiste qui l’avait examinée avait dénombré, sur elle, 28 ecchymoses ainsi qu’une brûlure à la cuisse, due à une casserole d’eau chaude qui s’était renversée sur elle. « Des sévices dont elle était victime depuis près de deux ans », observe le substitut du procureur. Dans un premier temps, seul le père de famille avait été mis en cause et condamné, en comparution immédiate, à cinq ans de prison dont trois avec sursis. Mais au mois de juillet, il avait écrit au procureur pour dénoncer son épouse. Il affirmait avoir tout assumé de ces violences « pour la protéger car elle était enceinte de son quatrième enfant ». Et de préciser, « on s’embrouillait tout le temps et on rejetait notre colère sur l’enfant ».

Selon lui, c’est elle qui aurait eu l’idée d’utiliser du fond de teint pour camoufler les marques sur le visage de l’enfant. À la barre, la mère de famille, dont les trois aînés de la fratrie sont placés en famille d’accueil, soutient ne pas l’avoir frappée. Accusée de ne pas avoir dénoncé les coups que son mari portait à leur enfant, elle était elle-même mise en cause pour l’avoir régulièrement tapée avec des jouets et un trotteur. « Je ne voyais pas les traces qu’elle avait sur le corps », se défend-elle, affirmant qu’elle ne se chargeait pas du bain de la fillette. De la même façon, elle reconnaît juste lui avoir donné « des fessées » et que la petite « avait facilement des marques ». Lors de l’audition de la fillette, cette dernière avait expliqué que ses deux parents la tapaient même si son père « frappait plus longtemps » et qu’il lui arrivait d’être enfermée dans sa chambre sans qu’on lui donne à manger.

« Je ne comprends pas pourquoi elle dit ça… »

« Je ne comprends pas pourquoi elle dit ça… », a nié la mère, soutenant que la petite pouvait avoir été manipulée. « On a tellement dit aux enfants que maman était méchante », avance-t-elle. Le substitut du procureur a demandé sa condamnation à 18 mois de prison ferme et un suivi sociojudiciaire de trois ans. Le tribunal a opté pour 48 mois d’emprisonnement dont 30 avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve avec obligation de soins. Il y a ajouté une interdiction d’exercer une activité avec les mineurs. Elle devra verser 5.000 € de dommages et intérêts à l’enfant.

© Le Télégramme

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