Société: Avoir un père âgé quelles conséquences pour l’enfant ?

Parfois, certains hommes deviennent père à 35 ou 40 ans, mais d’autres peuvent encore l’être bien plus tardivement, à l’âge d’être grand-père ! Malheureusement, il semble que la paternité tardive pourrait représenter certains risques pour l’enfant.

Charlie Chaplin a eu son onzième enfant à 73 ans. Un homme pourrait donc procréer à tout âge ?

Contrairement aux femmes, la fertilité chez l’homme ne disparaît pas vers l’âge de 50 ans ! Citée par CNN, une étude menée par l’Université d’Harvard sur près de 8000 couples américains entre 2000 et 2014 a établi un lien entre l’âge du père au moment de la procréation et l’occurrence de certaines maladies ou troubles tels que la schizophrénie, le nanisme, l’autisme ou encore les troubles bipolaires. Concernant la schizophrénie, le risque pour l’enfant serait multiplié par 4 si le père est âgé de plus de 50 ans lors de la fécondation !

 L’explication résiderait alors dans l’accumulation de mutations génétiques lors de la spermatogenèse. Les cellules de type spermatogonies situées dans les testicules produisent les spermatozoïdes. Or ces mêmes cellules se sont reproduites plus de 200 fois chez un homme de 20 ans, et ce chiffre peut atteindre 600 pour un homme de 40 ans, et ainsi de suite.

Le problème est que lors de chaque division cellulaire, des mutations peuvent apparaître. Ainsi, plus les spermatogonies se divisent, plus le risque de transmettre des mutations à son enfant est élevé. Selon l’étude, un homme de 70 ans transmet 8 fois plus de mutations à son enfant qu’un homme de 20 ans.

D’autres facteurs – épigénétiques – ont été évoqués par les chercheurs. Il s’agit de mécanismes gérant l’expression génétique qui ont tendance à s’essouffler avec l’âge. Ainsi, certains gènes pourraient être activés ou inhibés à tort et cela pourrait favoriser l’apparition d’une maladie.

Cependant, une autre étude parue dans Nature Genetics en 2016 estimait que les mutations spontanées dans l’ADN du sperme n’étaient pas autant responsables des risques accrus de maladie psychiatrique. Selon les chercheurs, les mutations liées à l’âge du père contribuent à ces risques, mais seulement à raison de 10 à 20 %.

Sources

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