Les insolites judiciaires: Il avait frappé l’avocat adverse avec une chaise

L’homme a été condamné à une peine de 6 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans.

Dans le box des prévenus, un quinquagénaire, casier judiciaire vierge, semble gêné. Ce qu’on lui reproche, devant le tribunal correctionnel d’Aix, est pourtant spectaculaire. « C’est l’institution judiciaire qui s’est retrouvée attaquée », lancera le procureur Pons. Deux jours avant ce procès, monsieur Martinez se trouvait déjà devant la justice, en appel.

Tout débute par une procédure qui traîne depuis cinq ans. Le prévenu explique timidement à la juge Chavarot qu’avec sa femme, il avait investi dans une maison vers Toulouse. Achat (qui n’avait visiblement rien d’une bonne affaire) pour lequel le couple était en procès. Retour à la cour d’appel d’Aix, donc. La chaleur rendait l’attente difficile. L’épouse partait s’éventer, son époux s’emparait alors d’une chaise puis se dirigeait vers Me Nalbone, avocat de la partie adverse, en train de plaider. « Je vais te tuer », aurait-il clamé. Tentant de s’interposer, son propre avocat Me Perucca était blessé à une main et au crâne. Il demandait toutefois par mail la bienveillance du tribunal.

« Je l’ai agressé, c’était la première fois »

Lors de son audition l’épouse tentait d’expliquer ce geste : « Je suis partie m’éventer, il faisait très chaud, nous passions les derniers. Mon mari a probablement pris ce geste pour un signe d’agacement de ma part ce qui l’a encouragé à passer à l’acte. » Voyant son mari attraper la chaise, elle avait hurlé aux avocats de faire attention. « Regarde, ils me passent les menottes », avait dit son mari. Son épouse : « Regarde ce que tu as fait ! » Elle évoque aussi leur situation familiale difficile.

Le prévenu, lui, ne se cache pas derrière un flot d’excuses : « Je l’ai agressé, c’était la première fois. Je n’ai pas d’excuses. Ce n’est pas lui qui était visé, mais les mots qui sortaient de sa bouche. Un être humain ne doit pas être agressé. » Pour le parquet, un avocat « était debout et on l’a mis à terre »« On voulait faire taire son expression. C’est toute l’institution judiciaire qui est visée, c’est la robe qui est atteinte (…) On ne peut pas faire taire dans une salle d’audience, surtout pas un avocat. »

Réquisitions : deux ans de prison, dont un avec sursis et une contravention de 500 €. En défense, Me Bayard n’est pas d’accord : si l’acte de son client était une atteinte à la robe, il ne plaiderait pas en sa faveur aujourd’hui et « juger, c’est comprendre ce qui s’est passé ». Il s’agit d’un « pétage de plombs » ; l’acte de son client est une « atteinte aux mots prononcés et pas à l’institution ». Délibéré : six mois avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans, obligation de soins, 500 € d’amende et 1 € de dommages et intérêts pour préjudice moral.

Source la Provence

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