Laon : 5 ans de prison pour le père pervers envers sa fille

Violence, alcool et pornographie, c’est par ces trois mots que Bérangère Sénéchal, la substitut du procureur a résumé la vie de ces deux jeunes sœurs. La plus jeune s’est plaint de violences mais c’est pour des actes concernant sa sœur aînée, que le père comparaissait devant le tribunal correctionnel de Laon. Il lui est reproché des agressions sexuelles sur sa fille, de décembre 2013 à novembre 2015.

« En 2013, votre compagne quitte le domicile et vous laisse la garde des deux enfants, rappelle le président Favre. En 2015, vous faites une tentative de suicide, les enfants font alors l’objet d’une mesure d’accompagnement éducatif. »

«Devant un tribunal criminel départemental, cet homme risquerait 20 ans de prison»

Me Philippe Vignon

Le parquet de la Marne, où résident les enfants fait très vite un signalement : la mère aurait reçu des confidences de son aînée, son père aurait eu envers elle un comportement particulier. « Papa m’aurait senti les fesses, relève le président. Caresses, baisers sur divers endroits du corps. Jusqu’à des pénétrations digitales. » L’examen gynécologique confirmera les dires de l’enfant.

L’homme, âgé de 43 ans s’exprime peu et à voix basse, plusieurs fois le président lui demandera de hausser le ton pour qu’on l’entende. Il reconnaît avoir de gros besoins sexuels, il est amateur de films pornographiques qu’il regarde seul ou avec ses compagnes du moment, peut être les filles ont pu assister aux diffusions. Les caresses sur sa fille, oui, il l’admet du bout des lèvres, le reste, non, ou alors deux ou trois fois pas plus. Il faudra au président plus d’une heure de débat pour que le prévenu admette avoir eu des gestes déplacés vis-à-vis de sa fille une dizaine de fois.

Me Vignon, au nom du conseil départemental a rappelé dans sa plaidoirie que les faits reprochés au prévenu auraient très bien pu le conduire devant un cours d’Assises ou « si la loi actuellement en discussion était déjà votée, ce que je ne souhaite pas, cet homme comparaîtrait devant un tribunal criminel départemental où il encourrait une peine d’emprisonnement de vingt ans. »

La substitut du procureur, après avoir rappelé la vie difficile des deux enfants, « nous sommes face à des viols correctionnalisés, trois auditions ont été nécessaire pour qu’il reconnaisse les faits » a requis à l’encontre du père 4 ans de prison ferme avec mandat de dépôt, interdiction d’exercer une profession en rapport avec les mineurs, suivi socio-judiciaire, obligation de soins et de formation et l’indemnisation des parties civils.

Le tribunal est allé au-delà de ces réquisitions, en condamnant l’homme à cinq de prison avec mandat de dépôt. Il a interdiction d’exercer un métier en lien avec les mineurs, ainsi que son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS)les parties civiles se verront indemniser à hauteur de 10 000 euros pour la fillette et 2 000 euros pour sa mère. L’homme est parti, sous escorte, en prison. il a dix jours pour faire appel du jugement.

Source L’union 

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