Grand-Reportage: Jonathan, 10 ans, enlevé et tué en classe de mer en 2004

Martin Ney, déjà condamné pour trois meurtres d’enfants et de nombreuses agressions sexuelles, aurait avoué à son codétenu qu’il avait tué le petit garçon en Loire-Atlantique.

Dans la nuit du 6 au 7 avril 2004, un jeune garçon de 10 ans, Jonathan Coulom disparaît alors qu’il dort avec ses camarades de classe lors d’une sortie scolaire dans un centre de Saint-Brevin-les-Pins, en Loire-Atlantique. Recherché pendant plus d’un mois, son corps finit par être retrouvé dans un étang du manoir de la Porte-Calon à Guérande. Il est nu, soigneusement ligoté en position fœtale et lesté d’un parpaing. La cordelette de nylon utilisée a été nouée avec précision par des nœuds marins.

Pendant 14 ans, les enquêteurs ont passé au crible des dizaines de pistes, entendu des centaines de personnes et réalisé des milliers de prélèvements ADN pour tenter de retrouver le meurtrier du petit garçon. En vain. 

Selon le Parisien, le dénouement pourrait venir d’Allemagne. Là-bas, un pédophile et tueur en série d’enfants, déjà condamné pour trois meurtres et de multiples agressions sexuelles, serait passé aux aveux en prison. C’est son codétenu qui a alerté les autorités.

Quatorze ans après les faits, l’enquête sur l’enlèvement et le meurtre en Loire-Atlantique du petit Jonathan Coulom connaît un nouveau rebondissement. Une piste explorée de longue date par les enquêteurs refait surface.

D’après Le Parisien, un ressortissant allemand, déjà condamné à perpétuité en 2012 pour le meurtre de trois enfants, aurait confié à un codétenu être l’auteur du crime. Ces aveux indirects ont fait l’objet d’un procès-verbal, désormais entre les mains du juge d’instruction chargée de l’affaire. 

Un sac à dos au cœur de l’enquête

Selon le quotidien Presse Océan, le suspect “aurait (…) livré des détails concernant la mort de Jonathan que seuls le magistrat et quelques gendarmes connaissaient”. Il aurait également confié avoir “égaré son sac à dos en France, avec des documents à l’intérieur”. La rédaction vous conseille

Début avril 2018, la gendarmerie avait lancé un nouvel appel à témoins portant sur la recherche de ce sac à dos qui pourrait contenir des éléments déterminants pour l’élucidation de cette affaire.

Appel à la “vigilance” et à la “retenue”

Dans un communiqué transmis le soir de la mise en place de l’appel à témoins, le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, a “déploré que des informations couvertes” par le principe du secret de l’instruction “aient pu être largement divulguées au risque même de faire obstacle à la manifestation de la vérité”. 

“Il convient en conséquence d’appeler chacun à la plus grande vigilance et retenue afin de préserver la sérénité et l’efficacité de l’instruction en cours”, a souligné le magistrat. 

“Faux espoirs”

Dans l’entourage de la victime, ces nouvelles révélations ont surtout provoqué de “faux espoirs”. “Quelqu’un m’a prévenu après avoir vu un article sur Internet. Sur le coup, j’ai pensé que c’était fait, qu’il avait avoué, mais en fin de compte, à la lecture j’ai compris que ce n’est qu’un codétenu qui a parlé”, confie la mère de Jonathan à Ouest-France. 

L’enfant, originaire du Cher, avait été enlevé dans la nuit du 6 au 7 avril 2004 dans un centre de vacances de Saint-Brévin-les-Pins, près de Saint-Nazaire. Son cadavre avait été découvert quelques semaines plus tard, le 19 mai, ligoté et lesté d’un parpaing dans un étang proche de Guérande, à 25 kilomètres du lieu de l’enlèvement.

Aujourd’hui, la mère de famille attend toujours “des réponses aux questions” qu’elle se pose depuis 14 ans, comme elle le raconte à LCI.

“C’est dur, mais on arrive peut-être au bout du tunnel. (…) J’ai besoin d’un procès. J’ai besoin d’une explication. Je veux connaître les derniers moments de mon fils”. 

Pas “d’aveux” mais une piste “séduisante”

Europe 1 donne aussi la parole à l’avocate de la grand-mère du petit garçon. Me Cathy Richard rappelle “qu’il n’est pas question d’aveux s’il est question de quelqu’un qui s’adresse à son codétenu”.

Déplorant des “fuites dans le cadre d’une enquête”, elle reconnaît que la piste “allemande” – celle d’un “vrai prédateur” –  est “séduisante”, sans pour autant confirmer les informations du Parisien. “Ce que j’espère c’est que l’enquête continue dans la sérénité, que les Allemands et les Français continuent de travailler en bonne intelligence”, ajoute l’avocate. 

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