Val-d’Oise : une jeune femme jugée pour avoir tué son bébé à la naissance

Pontoise (Val-d’Oise). Le procès, qui doit durer quatre jours, doit permettre de comprendre pourquoi la jeune femme a tué son bébé. LP

L’accusée de 24 ans comparaît à partir de ce vendredi devant la cour d’assises pour avoir tué son bébé après avoir accouché, seule, à Sannois, en mars 2012. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Le bébé avait été retrouvé mort, dans un sac-poubelle, dans les parties communes d’un immeuble de Sannois. Une découverte terrible effectuée par les policiers le 15 mars 2012, à 4 heures du matin. Le père de la jeune mère les avait alertés depuis la région toulousaine, où il résidait, après avoir reçu un appel téléphonique inquiétant concernant sa fille. Celle-ci devait alors guider les enquêteurs jusqu’aux parties communes…

La jeune femme, âgée de 18 ans à l’époque, avait alors été hospitalisée à Argenteuil, apparaissant psychologiquement fragile. Elle avait été ensuite placée en garde à vue dans le cadre de l’enquête menée par la sûreté départementale, puis mise en examen pour infanticide. L’autopsie avait révélé que le nourrisson avait été tué volontairement. Le bébé, mort par asphyxie, présentait un traumatisme crânien, des brûlures au 1er et au 3e degré sur plusieurs parties du corps, occasionnées par de l’eau bouillante. Il avait enfin été étouffé avec du papier toilette.

Un possible déni de grossesse

Comment cette jeune femme, qui vient de mettre au monde son enfant a-t-elle pu lui donner la mort, seule dans cette salle de bains où elle s’est recluse, une nuit durant, pour accoucher ? C’est la question à laquelle la cour d’assises du Val-d’Oise, à Pontoise, va tenter de trouver une réponse au cours de quatre jours de procès. La jeune femme encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

La personnalité de celle qui venait de réussir son CAP de coiffeuse et qui cherchait un salon pour poursuivre sa formation en alternance et viser un BEP, sera un élément essentiel de l’audience, tout comme les expertises psychologiques et psychiatriques. L’expert psychiatre a notamment indiqué que l’accusée pouvait présenter un déni de grossesse partiel.

La jeune femme, au terme de l’information judiciaire, a en effet indiqué ne pas s’être vraiment rendue compte des gestes commis, n’ayant pas pris conscience réellement qu’elle était enceinte en arrivant à terme. Il apparaît aussi qu’elle n’a jamais parlé de sa grossesse à son entourage, expliquant avoir grossi lorsque certains doutaient mais n’insistaient pas. Elle est par ailleurs toujours restée en lien avec ses parents.

L’amie de la mère elle aussi jugée

Elle vivait à l’époque dans l’appartement d’une amie, à Sannois. La nuit des faits, elle s’est enfermée dans la salle d’eau en lui expliquant qu’elle avait mal au ventre, que cela pouvait être dû à la grippe. Des heures durant, restée à proximité, l’amie n’a rien fait. Elle comparaît elle aussi devant la cour d’assises du Val-d’Oise et sera jugée pour trois délits connexes. Cette femme est poursuivie pour non-assistance à personne en danger, non-dénonciation de crime et modification des lieux d’un crime, pour avoir nettoyé la salle d’eau. Le verdict est attendu mercredi.

D’après Le Parisien

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