BLOIS : huit mois avec sursis pour avoir agressé sa fille sexuellement

Un homme a été condamné à de la prison avec sursis pour avoir, à deux reprises, pris la main de son enfant de 9 ans pour la poser sur ses parties intimes.

J’attendrai que cela vienne d’elle, si un jour elle veut me revoir. Pas très grand, blouson bleu sur le dos, petit sac en bandoulière, le prévenu s’inquiète pour sa fille. A la barre du tribunal, il ne parvient, cependant, pas à expliquer les « pulsions » qui l’ont conduit, par deux fois, à saisir la main de sa fille endormie pour la poser sur ses parties intimes.
C’est la maman, dont le quinquagénaire loir-et-chérien est séparé, qui a alerté les gendarmes après le second épisode, en novembre. La fillette a confié que, si la première fois, fin octobre, il avait suffi qu’elle retire sa main pour que son père la laisse, la deuxième, elle avait simulé des maux de ventre pour qu’il arrête.

« Mal dans sa peau », selon ses propres mots, après son premier geste, le père l’a néanmoins reproduit moins d’un mois plus tard, fait remarquer la présidente du tribunal, Maggy Deligeon. « J’ai mal agi », lâche le prévenu, reconnaissant que son enfant a « sûrement » été « perturbée »« Du haut de ses 9 ans, elle a bien compris que [ce qu’elle a subi] n’était pas normal », que son père en était à l’origine, souligne la magistrate.

L’homme explique se sentir « soulagé » par ses rendez-vous avec un psychologue. Le prévenu s’appuie, d’ailleurs, sur sa démarche de soins pour assurer au vice-procureur, Jean Demattéis, qui l’interroge, qu’il ne recommencera pas.
Me Nathalie Coeudevez, qui représente la petite fille et sa mère, signale une « distorsion » entre ce que déclare le quinquagénaire durant l’audience et la manière dont le décrit son ex-compagne. L’avocate ne croit pas que le contexte conjugal dans lequel il évoluait en fin d’année dernière – la mère de ses enfants ayant demandé le divorce – éclaire les faits. Le père de famille, estime-t-elle, « ne souhaite pas se remettre en question », il « se victimise ». La peur, le trouble de la fillette sont mis en avant – il serait impossible pour elle de se retrouver face à son papa.

Pour le parquet, les faits sont « simples »« non contestés », mais leur analyse est « plus complexe ». Jean Demattéis note une absence de réflexion ayant conduit aux passages à l’acte, mais pense les regrets du prévenu « sincères ». Il requiert entre douze et quinze mois d’emprisonnement assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve.
Me Schéhérazade Bougrara conteste, en défense, toute victimisation de son client, qui se trouvait en « grande déprime » – état derrière lequel transparaît un « fond d’alcool » – à l’époque des faits. Une prise de conscience existe, assène l’avocate, qui rappelle que le quinquagénaire s’est expliqué, excusé auprès de ses autres enfants.
Des faits “ non contestés ” une analyse “ plus complexe ”Me Bougrara considère qu’une interdiction, pour le père, d’entrer en contact avec sa fille ne serait « pas utile ».

Le tribunal l’entend sur ce point. Il prononce une peine de huit mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve de dix-huit mois, avec obligation de soins. Il constate l’inscription du quinquagénaire au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infraction sexuelle (Fijais), et le condamne à verser 1.100 euros à son ancienne compagne (800 euros pour son enfant et 300 euros pour son propre préjudice moral).

Laisser un commentaire