Val D’oise : 20 ans de prison pour la mère infanticide

Les jurés l’ont condamnée à 20 ans de réclusion criminelle. Alors qu’elle comparaissait libre devant la cour d’assises du Val-d’Oise, elle a été incarcérée ce mercredi. Ses avocats ont fait appel.

La jeune mère qui a tué son nouveau-né juste après avoir accouché toute seule en 2012 à Sannois a été condamnée à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Val-d’Oise. Elle devra aussi se soumettre à un suivi sociojudiciaire pendant cinq ans. Ce mercredi, dès l’annonce du verdict, la jeune femme de 24 ans a été incarcérée à la prison des femmes de Versailles, elle qui comparaissait libre devant les jurés. Ses avocats ont immédiatement fait appel de la décision. Elle restera donc détenue au moins jusqu’au prochain procès en appel.

La décision de la cour d’assises est allée au-delà des réquisitions du parquet. L’avocat général avait en effet requis à son encontre 15 ans de réclusion criminelle. Pour lui, une peine de prison « significative » était nécessaire pour qu’elle prenne conscience de ses actes. En effet, Manon n’a pas passé une seule journée en détention provisoire depuis le drame.

Des obligations de soin qui n’avaient pas été respectées

À l’époque, le juge des libertés et de la détention n’avait pas jugé nécessaire de l’enfermer au regard des investigations à mener dans le cadre de l’enquête. Elle avait donc été placée sous contrôle judiciaire avec obligation de soins. Une obligation qu’elle n’a pas respecté durant ces six années à attendre son jugement. Ce que n’a pas manqué de souligner l’avocat général : « Force est de constater que Manon n’a pas tellement évolué. Est-ce qu’elle-même se sent coupable ? C’est difficile à dire. Seule une peine privative de liberté significative pourra permettre de lui faire prendre conscience de ce qu’elle a fait au-delà de son auto apitoiement, avait estimé François Capin-Dulhoste en soulignant que l’expert médico-légal avait évalué la souffrance du nouveau – né à 9 sur une échelle de 10.

Durant les débats, la présidente l’avait aussi regretté : « Ses obligations les plus importantes ne sont pas respectées, c’est un constat d’échec », avait-elle fait remarquer à son intervenante sociojudiciaire. Manon avait alors donné différentes explications pour ce non suivi de soins à savoir qu’elle avait déménagé puis qu’elle n’avait pas les moyens de payer un psychologue en libéral. Pour au final avouer lors de son interrogatoire qu’elle avait « peur de la vérité » : « Je ne veux pas me souvenir parce que ça va me détruire ». Ce qui n’a sans doute pas rassuré les jurés alors que Manon leur avait confié son désir d’être « maman » plus tard.

« Ce n’est pas une décision de justice qui a été rendue mais une peine d’élimination d’une post-adolescente. La cour s’est laissé dicter par l’émotion et a oublié d’une part qu’elle était âgée de 18 ans, que les faits ont eus lieu il y a six ans et que les experts ont reconnu la dénégation de grossesse », a réagi Me Frédéric Zajac, l’avocat de Manon.

Son amie de l’époque, Carmen a, elle, été condamnée à quatre ans de prison avec sursis alors qu’elle se trouvait dans la pièce d’à côté lorsque le drame a eu lieu.

Source LP

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