Deux mois de prison pour avoir menacé de mort une fonctionnaire de l’Aide sociale à l’enfance

Le 20 janvier 2017, J. V. a proféré des menaces de mort à l’encontre d’une fonctionnaire de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) dans l’exercice de ses fonctions.

A l’époque des faits, ce couple du nord Aveyron a trois de ses quatre enfants placés en famille d’accueil. Un déchirement vécu par la famille. Alors, lorsqu’on leur confie leur jeune fils de deux ans pour aller passer des examens médicaux à l’hôpital de Clermont-Ferrand et que la fonctionnaire insiste de manière catégorique sur l’heure de retour alors qu’ils ont, semble-t-il, déjà pris du retard, le chef de famille s’emporte.

« Je vais te crever »


Selon la victime et la famille d’accueil, J. V. profère des insultes et des menaces. « Je vais te crever. Un jour je t’aurai vieille peau ». L’agriculteur va même, aux dires de certains, jusqu’à vouloir la frapper avec la portière de l’ambulance. Mais le prévenu ne reconnaît « que des insultes pas méchantes ». Ce qui fera dire au procureur de la République, Frédéric Coulomb, qu’« il n’y a pas d’insultes gentilles ».

J. V. se rappelle quand même lui avoir dit qu’il allait « la faire sauter de son boulot car elle n’aime pas les enfants ». A la barre, la victime préfère lire d’une voix chevrotante la lettre qu’elle a écrite. « Je ne comprends pas pourquoi un tel déchaînement de violence », confie-t-elle.

Déjà condamné deux fois pour les mêmes faits :
Avant que cette fonctionnaire ne s’occupe de ce dossier, deux référents de l’Aide sociale à l’enfance et une puéricultrice de la Protection maternelle infantile (PMI) ont aussi fait les frais de la violence de J. V. qui a déjà été condamné pour des faits similaires. La victime semble donc avoir repris une procédure complexe dans des conditions difficiles.
« Si les fonctionnaires de l’ASE interviennent, c’est qu’il y a un danger potentiel ou avéré pour les enfants » a rappelé le ministère public. « Ce ne sont pas des monstres froids qui ont pour seul objectif de placer des enfants », ajoute le procureur. « Et le chagrin ne justifie pas des menaces de mort. Le seul moyen de faire passer le message est une peine de prison », termine Frédéric Coulomb. L’avocate du prévenu tente pourtant de solliciter la relaxe car le chauffeur de l’ambulance n’aurait pas confirmé les déclarations des différents témoins. Et Laurence Guedon de s’interroger : « Les mots je vais te crever valent-ils trois mois de prison ? ».

Pour le tribunal, la réponse est oui. Le président Denys Goumont déclare J.V. coupable et prononce une peine de deux mois de prison assortie de 300 € de dommages et intérêts pour la victime.

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