Disparition d’une Mahoraise à Tours, sa famille lance un appel à témoins

Moina Mattoir n’a plus donné signe de vie depuis dimanche 8 avril. La Mahoraise âgée de 29 ans a été vue pour la dernière fois quittant son appartement du quartier des Fontaines dans le sud de la ville. Inquiète, sa famille a signalé la disparition à la police et entamé ses propres recherches.

 À 14h dimanche 8 avril, Moina Mattoir a quitté l’appartement où elle vit avec sa mère et son petit frère, dans le quartier populaire des Fontaines dans le sud de Tours. Sortie pour l’une de ses promenades quotidiennes, la jeune femme n’est jamais rentrée à son domicile. D’après l’un de ses frères, Yass, sa disparition a été signalée au commissariat de Tours lundi 9 avril.

Yass Mattoir, qui vit à Paris, affirme s’être lui-même rendu chez les policiers dès mardi : « ils m’ont confirmé qu’ils ont ouvert une enquête, explique-t-il. Depuis, j’y vais presque tous les jours mais ils sont incapables de me recevoir. Je ne comprends pas. » La1ere.fr n’a pas eu la confirmation qu’une enquête avait été ouverte. Joint par la rédaction ce samedi, l’officier de permanence au commandement du commissariat de Tours n’a pas pu apporter de précisions, pour le moment.

L’appel à témoins de la famille

Les proches de Moina ont lancé un appel à témoins sur les réseaux sociaux, dans l’espoir d’obtenir des informations qui pourraient aider à localiser la Mahoraise. Ces publications ont été partagées plusieurs centaines de fois au total.

Les initiatives de la famille ne s’arrêtent pas à internet. L’appel à témoins a été placardé sur les portes d’entrée des immeubles et les abris bus de Tours et des villes voisines. « J’ai mis des affiches partout, détaille Yass. Je suis allé dans les mairies, je leur ai laissé sa photo. » Très inquiet, le jeune homme est secondé par ses frères et sœurs, ainsi que ses cousins, venus tout spécialement de Rennes. « On est allés dans les forêts, on ne sait plus quoi faire« , lance-t-il désespéré.

Les proches de Moina Mattoir ont placardé des affiches à Tours et dans les villes voisines. © DR
© DR Les proches de Moina Mattoir ont placardé des affiches à Tours et dans les villes voisines.

« Je ne pense pas que ce soit une fugue. Je pense plutôt que c’est un enlèvement, un prédateur. »
Yass Mattoir, le frère de Moina

« Étant donné qu’elle ne parle à personne, je la vois mal partir avec quelqu’un. Et puis il y avait grève des trains ce jour-là (le 8 avril, ndlr), elle n’a pas pu partir en train. Elle a bien une carte de bus sur elle, mais la société ne veut pas nous dire si elle l’a utilisée. Seule la police peut obtenir cette information. »

Troubles psychiatriques​

De forte corpulence et mesurant 1m76, Moina portait, au moment de sa disparition, un châle blanc sur ses cheveux, un pantalon orange et un gilet marron. La jeune femme a quitté Mayotte il y a 6 mois avec sa mère pour venir s’installer dans l’hexagone. Titulaire d’un BTS, elle est décrite par son frère comme très renfermée et présentant des troubles psychiatriques depuis 9 à 10 ans.

Ces dernières semaines, ces troubles se sont aggravés. La veille de sa disparition, elle serait apparue tout particulièrement agitée. « On avait parlé de la faire suivre parce qu’elle s’automutile. Il lui arrive de se mordre les bras et elle s’arrache aussi ses tresses. » Solitaire, Moina n’aime pas la foule. Mais quatre fois par jour, elle sortait faire une promenade dans son quartier.

Ces informations, Yass Mattoir les a obtenues en menant « une enquête de voisinage« . « Elle entre et sort des boutiques. Elle marche vite, parle toute seule. Quand je montre sa photo, les gens la reconnaissent parce qu’elle est un peu spéciale. » Mais dimanche 8 avril, la plupart des commerces étaient fermés. « Seul le bar-tabac était ouvert. Ils m’ont dit qu’ils la connaissaient, mais ils n’ont pas pu me dire s’ils l’avaient vu ce jour-là« .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.