VAUCLUSE : Elle a été tuée car elle voulait être heureuse

Mickaël Pardo, qui n’a pas supporté la séparation, l’a poignardée à seize reprises pour ne pas être abandonné

Accusé d’avoir porté 16 coups de couteau, dont un mortel qui a sectionné la carotide, le 1er février 2016, à sa compagne Virginie Baiera, Mickaël Pardo, 35 ans, n’a pas tenu à s’exprimer, hier matin, à l’ouverture de son procès devant la Cour d’assises de Vaucluse, placée sous la présidence de Mme Florence Treguier ; l’avocate générale Isabelle Tourn siégeant au ministère public.

Assisté de Me Fortunet, administrateur ad hoc pour le Conseil départemental, le fils du couple, âgé de 13 ans à l’époque du drame, sur une question de la présidente, a confirmé qu’il ne pourrait assister à l’intégralité du procès.

Dans un courrier, car il n’a pas la force de parler, l’adolescent, après avoir dit son amour pour son « papa panda (…) gentil, mignon et qui aime jouer », indique que son père n’était pas violent et que c’est sa maman qui leur « criait dessus »car ils jouaient trop aux jeux vidéo. Puis il dit qu’il « sait que papa est amoureux de maman » et « que tout ceci est dû à la tristesse de mon papa ».

Il ressort des débats que le couple, formé depuis de nombreuses années par Virginie et Mickaël, qui se sont connus au collège, battait de l’aile depuis le mois de juin 2015.

Si elle dormait chez sa mère, Virginie, coiffeuse à domicile, passait tous les jours au domicile familial et Mickaël Pardo, agent d’entretien en contrat aidé dans un collège, pensait la reconquérir.

Le 31 janvier, elle lui a envoyé une photo d’elle dénudée et leurs échanges de SMS avaient des airs d’amourette d’ado…

Une dernière visite fatale

Le 1er février, elle acceptait de venir dîner « à la maison » et, alors qu’il cuisinait des pâtes et qu’elle balayait la cuisine, Mickaël a vu rouge lorsque Virginie lui a annoncé qu’elle ne signerait pas le testament, une sorte d’engagement commun, qu’il avait préparé.

Elle confiait avoir une relation depuis neuf mois, qu’elle avait pris un appartement en location au Pontet et que la rupture était consommée.

Vivant cette séparation comme un abandon, il a frappé sa compagne avec le couteau de boucher dont il se servait pour couper du saucisson. Une scène qu’il a occultée et dont il ne peut parler.

Après avoir frappé Virginie, vraisemblablement de dos ou de profil, il a recouvert le corps d’une couverture puis est allé dans la chambre chercher son fils, lui a mis un pull sur la tête afin qu’il ne voit pas la dépouille de sa mère et l’a conduit chez l’un de ses frères qui l’a ensuite accompagné sur les lieux avant d’appeler la police, non sans donner un dernier baiser à sa compagne, « une femme qu’il idéalisait et dont il était fier. »

On apprend au fil de l’audience que Mickaël Pardo, s’il se montrait possessif, était dans le même temps flatté du regard posé par les hommes sur sa compagne qu’il aimait voir habillée de manière sexy.

Cet homme qui aime le luxe et le clinquant aurait voulu lancer une ligne de vêtements sous la marque « Coquine »dont sa compagne aurait été l’égérie. Le couple pratiquait l’échangisme, « mais qu’au féminin » : lui seul pouvant avoir dans ce cadre, des relations sexuelles avec une autre partenaire.

Virginie était coupée de sa famille par Mickaël Pardo, témoigne sa maman qui dit avoir été heureuse d’accueillir sa fille à son domicile à compter du 2 janvier 2016.

Craignant qu’il se suicide, Virginie voulait que « ça aille doucement » et c’est pour cela qu’elle se rendait chez lui la journée. « Absolument pas pour lui donner l’espoir qu’ils revivent ensemble« , explique la mère de la victime. « C’était une belle femme, perchée sur ses hauts talons, souriante, coquette, pleine de vie, même si elle était torturée par son envie de liberté », assure sa grande soeur qui dresse, avec beaucoup d’émotion, le portrait de Virginie « tuée car elle voulait être heureuse ». Le verdict est attendu ce soir.

Source La Provence 

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