Assises de Vaucluse : Mickaël Pardo condamné à 20 ans pour le meurtre de sa compagne

Reconnu coupable du meurtre de sa compagne, Mickaël Pardo, assisté de Me Cuilleret a été condamné à 20 ans.

L’exercice lui est impossible. Mickaël Pardo, 35 ans, accusé devant la Cour d’assises de Vaucluse d’avoir le 1er février 2016 tué à coups de couteau sa compagne, Virginie Baiera, est dans l’incapacité de décrire la scène de crime. S’il ne peut mettre des mots sur sa gestuelle (16 coups de couteau dont 11 au niveau du cou), il n’occulte pas pour autant sa culpabilité. Face à ses juges cet homme effacé s’attarde sur la relation fusionnelle avec Virginie dont il a partagé la vie pendant 18 ans. Il assure avoir, dans un contexte de crise conjugale, accepté en novembre 2015 la décision de Virginie de faire un break dans leur relation. Si elle dormait depuis le début du mois de janvier chez sa mère, ils avaient encore des instants d’intimité et ils se faisaient « des câlins comme un couple normal« . Cet homme possessif et exclusif – bien que pratiquant l’échangisme – pensait pouvoir reconquérir son épouse dont il ne doutait pas de la fidélité.

Elle aurait refusé de signer le « testament »

Il aurait été sidéré lorsque sa compagne lui a annoncé qu’elle refusait de signer le « testament » qu’il venait d’établir : une sorte de guide en 12 points sur le fonctionnement de leur couple par lequel il lui demandait de s’engager « devant notre seigneur et ses anges » : à ne « jamais lâcher la main de l’autre« , « écouter l’autre avant de répondre« , « ne jamais tromper sans consentement » ou encore « ne jamais faire de mal volontairement à l’autre« … Au lieu de signer Virginie lui aurait dit qu’elle allait « l’abandonner » lui et leur fils et qu’elle avait un amant. « À partir de là je n’ai plus d’image » déclare Mickaël Pardo, secoué de légers tremblements, dans le box des accusés. Il parle d’un « trou noir« , d’un « voile rouge » et dit ne se souvenir « d’aucun des coups« , avoir « des flashs d’avant et d’après« … Une amnésie qui relève d’un « mécanisme psychique défensif » analysent les experts. S’il a « déconnecté » lors du passage à l’acte criminel effectué dans une « pulsion de mort« , il est, pour autant, totalement responsable pénalement de ses actes.

20 ans requis

Après Me Fortunet qui porte la parole de l’enfant du couple, Me Simonin parle d’une « relation poison » dans laquelle s’est enfermé le couple : « elle est devenue son faire-valoir, son objet. Cette femme était son bijou, sa fantaisie. Il promenait son couple comme un caniche de concours« .

Les tentatives de séparation ont débuté en novembre rappelle l’avocate générale Tourn qui insiste sur « le drame annoncé à plusieurs reprises » par Mickaël Pardo de la tuer en cas de rupture avant de mettre fin à ses jours. « Nous n’avons que sa version à lui » observe l’avocate générale qui rappelle aux jurés que les légistes n’ont relevé aucune trace de lutte. Il est demandé une peine de 20 ans de réclusion criminelle. Un quantum qui fait frémir Me Cuilleret qui demande aux jurés de prendre en compte les éléments de vie de ce couple pour juger l’acte qu’a commis Mickaël Pardo en prononçant « une peine juste, mesurée assurément« .

Au terme de deux heures de délibéré, la Cour d’assises de Vaucluse a déclaré l’accusé coupable du meurtre de sa compagne et lui a infligé la peine requise de 20 ans de réclusion criminelle.

Source La Provence 

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