DIVORCE ET ELOIGNEMENT : Le cri du coeur d’un père privé de son fils depuis sept mois

Je t’informe que je m’installe sur la Côte d’Azur comme c’était prévu à mon retour de Slovaquie. La raison : mieux assumer les soins psychologiques de notre fils, c’est fortement recommandé par les médecins et aussi pour assumer économiquement ses besoins. » Depuis ce message, reçu par lettre recommandée au début du mois de septembre dernier, Jean-Christophe Piacentini est sans nouvelles de son fils Anthony, âgé de cinq ans.

Son épouse, avec laquelle il est en instance de divorce, n’a plus donné signe de vie depuis plus de sept mois. Sa ligne téléphonique a été suspendue et le père n’a plus eu aucun contact avec son enfant. Un enfant dont le domicile est pourtant fixé chez lui à Ghisunaccia où Anthony avait effectué sa rentrée scolaire quelques jours avant son départ précipité avec sa mère. « Cette décision de justice a été prise en décembre dernier, soit deux mois après l’enlèvement de mon fils. Car il s’agit bien d’un enlèvement puisque jusque-là et depuis 2015, la résidence d’Anthony était fixée, par ordonnance, en alternance chez sa mère et chez moi. Cette ordonnance interdisait aussi toute sortie du territoire de l’enfant sans l’autorisation de ses deux parents. » Or aujourd’hui, Jean-Christophe Piacentini n’est pas en mesure de dire où se trouve son fils, ni dans quelles conditions il vit.

Un éloignement géographique volontaire pour le priver de ses enfants ? 

Depuis son départ, la mère n’a plus répondu non plus aux convocations du juge des affaires familiales, ni à celles du juge pour enfants. Même sa propre avocate est sans nouvelles d’elle. La plainte déposée par le père auprès de la gendarmerie de Ghisunaccia le 17 septembre dernier – soit le jour où l’enfant aurait dû être de retour à son domicile dans le cadre de la garde alternée – est restée sans suite.

En tout cas, il n’a pu obtenir aucune information de la part des services enquêteurs depuis cette date. Ses différents courriers et ceux de son avocate adressés à la procureur de la République sont également restés sans réponse. « Je suis étonné de ce silence. Étonné de voir que mon épouse est protégée par la justice, alors qu’elle a montré à diverses reprises le peu de respect qu’elle avait pour ses décisions. Je suis horrifié et désespéré de constater que ni les services enquêteurs, ni le procureur de la République ne s’alarment de ce déplacement illégal dont est victime mon enfant, qu’ils se désintéressent de son sort et du mien. »

Démuni et inquiet

Un enfant qui avait trouvé ses marques à Ghisunaccia, après avoir vécu ses premières années dans un climat un peu agité. En 2015 déjà, alors qu’il n’avait que deux ans, sa mère avait quitté illégalement la Corse avec lui, au début de la procédure de divorce, pour rejoindre la Slovaquie. Jean-Christophe Piacentini, qui avait alors un droit de visite et d’hébergement, avait engagé une procédure pour assurer le retour d’Anthony.

Dix-huit mois et plusieurs déplacements en Slovaquie plus tard, l’enfant était de retour avec sa mère. « À partir de là, nous avons vécu normalement, comme tous les couples séparés. Anthony partageait son temps entre ma maison et celle de sa mère, dont j’assumais tous les frais. Nous nous voyions souvent, passions des moments ensemble et mon fils, qui était au départ très sauvage, s’était bien adapté à cette vie. Il était heureux ici, au milieu de sa famille, il était bien intégré à l’école de Ghisunacciail s’épanouissait, développe le père, qui exerce la profession de comptable-syndic. J’ai toujours agi pour son bonheur, je n’ai privilégié que son intérêt, j’ai fait beaucoup de concessions, y compris matérielles pour qu’il grandisse ici, tranquillement. Jusqu’à ce qu’il me soit à nouveau arraché ! » Aujourd’hui, Jean-Christophe Piacentini se sent complètement démuni. Il est surtout très inquiet pour Anthony, craint que l’enfant vive dans la précarité, qu’il ait des problèmes. « Aucun père ne peut accepter ça ! Mon fils a passé Noël et son anniversaire loin de sa famille. Je suis sûr qu’il a besoin de moi, qu’il me cherche. Je n’en dors plus. Même si je me sens seul, abandonné par la justice et les services enquêteurs, je ne lâcherai pas. Je mettrai tout en oeuvre pour retrouver Anthony, car il est toute ma vie ! »,conclut Jean-Christophe Piacentini qui se dit prêt à tout, y compris à entamer une grève de la faim, pour que son appel soit enfin entendu.

D’après CM

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