Le village de Mézin pleure Alicia tuée vendredi près de Toulouse après une manifestation

Photo LP

300 personnes dont une majorité de parents et de collégiens ont rendu hommage, ce dimanche en fin d’après-midi, à Alicia, 14 ans, retrouvée morte à Beauzelle, au nord de Toulouse en Haute-Garonne. Elle vivait ici.

Mézin pleure sa collégienne. « Elle était rayonnante, elle souriait, elle chantait bien », explique Mariana. C’est elle qui, ce week-end, a décidé d’organiser cette marche blanche, ce dimanche, à Mézin. Alicia était en 3e cette année. Elle ne terminera pas l’année. Elle est morte jeudi dans un appartement de Beauzelle, en Haute-Garonne, au cours d’une soirée.

Lilas blanc

Mariana était en 3e l’an dernier, la classe d’Alicia depuis septembre. Dans ce petit collège Armand-Fallières, une cellule de soutien psychologique doit être mise en place dès ce lundi matin. Les yeux rouges, les tee-shirts blancs tachés de larmes, les camarades de la trop jeune victime de la violence absurde avaient une branche de lilas blanc à la main.

Le parfum ne masquait pas la douleur des ados, et de leurs parents. Ils étaient 300 environ à avoir répondu présents un dimanche soir, veille d’une rentrée scolaire qui aura le goût de la disparition, du deuil et de la mort d’un être connu, apprécié. Une autre amie d’Alicia témoigne : « Elle était rayonnante, elle s’amusait ». Un voisin de la mère domiciliée à Mézin depuis deux ans ne s’attarde pas. « Je l’aidais parfois pour l’anglais. Elle est d’une politesse, d’une gentillesse inouïe. Mézin perd une enfant remarquable ».

Les participants à la marche blanche se sont recueillis en hommage à Alicia./ Photo DDM, Jean-Michel Mazet

« Elle va me manquer »

Un proche de la mère perd son regard dans le blanc des tee-shirts devant lui. « Alicia ne sortait jamais. Elle était sérieuse, et respectueuse de ce qu’on pouvait lui dire ». La mère de l’adolescente parvient à lâcher quelques mots devant la foule au pied de l’église de Mézin. « Elle va me manquer ». Sa propre mère, la grand-mère d’Alicia, la soutient.

Ce 22 avril, cette troisième semaine d’avril resteront gravés dans la mémoire collective d’un village. Le maire Jacques Lambert refusait de s’exprimer devant « une horreur sans nom. Je ne veux pas y croire ». Dominique Bottéon, sa première adjointe au conseil municipal, est choquée.

« L’humanité existe »

Vers 20 heures, les tee-shirts blancs se sont éloignés. En observant la foule des 300 personnes rassemblées grâce aux réseaux sociaux entre autres, la marraine d’Alicia veut continuer de croire. « À vous voir ici, l’humanité existe encore ». La famille est originaire d’Albi et de Gaillac, dans le Tarn. L’enquête pour meurtre se poursuit en Haute-Garonne. Un individu de 19 ans qui participait à la soirée a été mis en examen pour viol et meurtre. La grand-mère a fait savoir hier que tous les membres de la famille allaient se constituer partie civile.

Les proches d’Alicia unis dans le chagrin./ Photo DDM, Jean-Michel Mazet


Un jeune de 19 ans mis en examen pour meurtre et viol

Dans l’enquête, un seul des deux adolescents placés en garde à vue vendredi a été mis en examen ce samedi pour meurtre et viol. Il s’agit d’un garçon de 19 ans, le locataire de l’appartement dans lequel la jeune victime a été retrouvée inconsciente, nue, sous un lit et bâillonnée, par les gendarmes, informés de sa disparition par son père et sa belle-mère.

Le petit ami de la jeune fille, âgé de 17 ans, a été mis hors de cause à l’issue de sa garde à vue, a précisé le parquet de Toulouse. Il a été « remis à ses parents ».

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