Affaire Mouzin : la justice refuse de dessaisir la PJ de Versailles

La famille de l’enfant considère que les enquêteurs ne sont pas assez actifs, 15 ans après la disparition d’Estelle.

Le père d’Estelle Mouzin n’a pas obtenu gain de cause. La justice a refusé ce mardi de retirer à la police judiciaire de Versailles (Yvelines), qu’il jugeait peu actif, le dossier de sa fille, qui a disparu en 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne).

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris était saisie d’une demande de dessaisissement déposée par Eric Mouzin à l’encontre du SRPJ (Service régional de police judiciaire) de Versailles. Cet appel faisait suite à la décision d’un juge d’instruction de Meaux (Seine-et-Marne) qui avait rendu, en juin 2017, une ordonnance rejetant déjà sa demande.

«La justice reste totalement mobilisée»

La cour fait valoir que «le choix de la désignation d’un service d’enquête n’entre pas parmi la catégorie des actes qui peuvent être sollicités par les parties civiles en application de l’article 82-1 du code de procédure pénale». Mais cette décision ne «doit pas être interprétée comme un refus d’investiguer l’ensemble des pistes de ce dossier», ajoute le parquet général de Paris, assurant que «la justice reste totalement mobilisée» pour résoudre cette affaire.

Dénonçant un «déni de justice», l’avocat d’Eric Mouzin indique qu’il envisage un pourvoi en cassation. «Notre opinion est que ce sujet n’est pas tranché en droit», a réagi Didier Seban. Il estime que «ce dossier n’est pas enquêté, pas instruit» et qu’«on ne se donne pas les moyens de découvrir la vérité sur la disparition d’Estelle».

7 juges d’instruction en 15 ans

Le 9 janvier 2003, Estelle Mouzin, 9 ans, a disparu à Guermantes (Seine-et-Marne) sur le chemin entre l’école et son domicile. Son corps n’a jamais été retrouvé et les nombreuses pistes suivies n’ont rien donné. Critiquant la rotation trop rapide des juges d’instruction (7 en 15 ans) et un manque de méthode, la famille reproche aussi à la police judiciaire de Versailles d’avoir écarté trop rapidement la piste du tueur en série Michel Fourniret.

Selon elle, cette piste est devenue «majeure» depuis ses aveux dans les affaires Marie-Angèle Domece et Joanna Parrish. Condamné à la perpétuité en 2008 pour sept meurtres, Michel Fourniret, 75 ans, a reconnu en février avoir tué ces deux jeunes femmes dans les années 1990, dans l’Yonne. A cette occasion, il a laissé une nouvelle fois planer le doute sur son implication dans la disparition d’Estelle Mouzin.

Avec AFP

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