HAUTES-ALPES / Tentative de matricide : Le pardon semblait de mise au Tribunal

Il est grand mais paraît immense sur le banc des accusés. Il est censé avoir 41 ans. 41 printemps qui ne semblent avoir laissé pour seules traces des tempes grisonnantes. Jean-Christophe Tévené est jugé depuis hier par la cour d’assises des Hautes-Alpes pour avoir tenté de tuer sa mère un soir d’octobre 2015. Il reconnaît lui avoir administré des somnifères, lui avoir infligé des coups de couteau dans la résidence secondaire de La Casse, à Vallouise. Mais avoir eu la volonté de la tuer ? « Non », a-t-il réaffirmé hier. Pour autant, il est accusé de tentative de matricide.

« Un véritable miracle »

Dans son appel aux sapeurs-pompiers, dans ses premières dépositions, Jean-Christophe Tévené avait expliqué qu’il voulait mettre fin à ses jours et « emporter sa mère avec lui ». Puis, il avait affirmé qu’il voulait qu’elle dorme pour pouvoir, lui, mettre fin à ses jours. Ce qu’il a tenté en « mettant du ruban adhésif sur sa bouche, une pince à linge sur le nez et un sac plastique sur la tête », explique le directeur d’enquête. Il note aussi « la disproportion de moyens » au vu des médicaments et des coups de couteau. L’accusé explique qu’il avait paniqué lorsqu’il l’avait vu « s’étouffer » et l’avait poignardée avant de se raviser et tenté de la sauver.

Ce jeudi matin, le banc des parties civiles est vide. Il le restera. La victime, la mère, n’a pas déposé plainte, ne s’est pas portée partie civile. Pour autant, elle est là, face à la cour. Malgré le micro, la voix qui s’échappe est aussi fluette que sa silhouette. « Quand on a vu l’état de vos blessures, ma réaction a été de dire que c’est un véritable miracle, vous êtes d’accord sur ce terme ? », questionne l’avocat général, Raphaël Balland. Elle acquiesce. « Il n’y a pas de séquelles ? » « Non, dit-elle en écartant le col de sa marinière. Quelques cicatrices, c’est tout. Mais ce n’est rien. » Ce “miracle” que l’accusation évoque, c’est le coup qui a traversé de part en part le cou de la sexagénaire. Un autre, dans le dos, lui a causé un pneumothorax, « la blessure qui inquiétait le plus les médecins », rapporte le directeur d’enquête. Mais voilà, après que son pronostic vital a été engagé, la mère se tient là, à la barre.

Source DL 

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