Montluçon : Un homme poursuivi pour soustraction de mineur

Un Montluçonnais de 43 ans impliqué dans une affaire de soustraction de mineur comparaissait jeudi soir devant le tribunal correctionnel de Montluçon. Il a été requis dix-huit mois de prison avec sursis.

Les faits remontent au 26 janvier. Un quadragénaire montluçonnais est interpellé à son domicile par les services de police de la cité des bords du Cher, pour une affaire de soustraction de mineur. Sur place, les fonctionnaires retrouvent, cachée derrière un meuble, une jeune fille âgée de 13 ans et originaire d’Épernay (Marne), dont la disparition inquiétante avait été signalée la veille.

Placé en garde à vue, il reconnaît entretenir depuis plusieurs mois une correspondance et une relation virtuelle par téléphone et via les réseaux sociaux avec l’adolescente. Et être allé la rejoindre en train dans la Marne, avant de faire le chemin inverse, accompagnée de celle qui se fait appeler Luana, par le même moyen de transport. Finalement remis en liberté, mais placé sous contrôle judiciaire, il était attendu ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Montluçon pour répondre de ses actes.

« Elle m’a menti, je ne savais pas qu’elle était mineure. J’ai été crédule. Je l’ai dissuadée de monter dans le train avec moi, mais elle m’a suivi. Je tiens à m’excuser auprès de ses parents », a-t-il affirmé, d’une voix fluette.

La mère de l’adolescente, qui s’est constituée partie civile sans être présente au tribunal, a assuré que sa fille, qui est toujours restée muette au sujet de sa fugue, n’était « pas du tout autonome, incapable de se débrouiller toute seule et très immature ».

Alors qu’une main courante avait déjà été déposée, en octobre dernier, contre l’homme de 43 ans pour des faits similaires, le père de famille a reconnu avoir toujours eu « une attirance pour les jeunes femmes majeures ». Sans antécédent judiciaire, il estime s’être « fait avoir » et a répété à plusieurs reprises ne pas savoir que la collégienne était mineure.

Un profil jugé « très inquiétant »

Bien que ni violence ou acte sexuel ne lui soient reprochés, la procureure de la République, Julie Bernier, évoque « un tableau très inquiétant et des intentions pas tout à fait éclairées ». Les conclusions de son expertise psychiatrique « révèlent des anomalies mentales et psychiques, de type manipulateur, pervers et pédophile, et un profil précriminel. Néanmoins curable et réadaptable avec un cadre psychiatrique et des soins ».

La procureure de la République a requis dix-huit mois de prison contre le prévenu, « en totalité assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve et une obligation de soins pendant trois ans ». De plus, elle est favorable qu’il soit interdit au prévenu d’entrer en contact avec la jeune fille ou tout autre mineur, et d’exercer toute activité professionnelle ou bénévole en lien avec des mineurs, pendant la durée maximale de dix ans.

Décision rendue le 31 mai

L’avocate du prévenu, Me Bourdier, parle d’amalgame et estime que ce dossier, auquel « on donne une coloration sexuelle qui n’en est pas, ne tient pas la route ». Pour elle, « l’infraction rentre plus dans le cadre d’une atteinte à l’autorité parentale ».

Toujours placé sous contrôle judiciaire, le quadragénaire prendra connaissance de la décision du tribunal correctionnel jeudi 31 mai, à 14 heures.

Adrien Maridet via LM 

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